Alice in Borderland

Série pour un public averti +16. Lancée le 10 décembre 2020 par Netflix, Alice in Borderland narre la course à la survie de japonais projetés dans un Tokyo vide de ses habitants et contrôlé par une force supérieure hostile. Miam !! Ça promet du sale ! Alors qu’en est-il vraiment ?

Synopsis

Un gamer paumé et ses deux amis se retrouvent dans un Tokyo parallèle, où ils sont contraints de participer à une série de jeux sadiques pour survivre.

Amis pour la vie

Nous faisons d’entrée la connaissance d’Arisu, jeune blasé accro aux jeux vidéos, et de ses deux meilleurs amis, Karube et Shôta. Arisu vit dans un contexte familial compliqué, entre la perte de sa mère, un frère réprobateur et un père qui ne cesse de le rabaisser. Lassé par les éternels discours à son encontre, il quitte la maison pour aller prendre sa dose de réconfort auprès de ses deux meilleurs amis. Ces derniers ne sont pas mieux logés : Karube vient de se faire virer du bar dans lequel il travaille et Shôta se sent mal dans son entreprise.

Après un aperçu de leur vie respective. D’abord, nous retrouvons, notre trio de losers à Shibuya célèbre quartier de Tokyo, notamment connu pour sa statue d’Hachiko et ses passages piétons où des légions d’usagers se croisent. À la recherche d’un sens à leur existence et statufiés par le poids de leur quotidien, les trois amis se lancent dans une explosion de joie, comme un majeur tendu à la vie. Une scène réjouissante qui précède le tournant de l’histoire. Ensuite, ils se verront projetés dans une capitale nippone vidée de ses habitants (à rappeler que le grand Tokyo, c’est quand même plus de 38 millions d’habitants).

Ainsi commence le cauchemar ! Car oui, ce sera bien un parcours jalonné d’horreur et d’épreuves qui attendra ce petit groupe. Une dimension régie par une force supérieure et joueuse qui leur imposera des jeux, plus sadiques les uns que les autres, pour qu’ils restent en vie. Un Battle Royal à l’échelle d’une ville. Et non, la fuite est impossible. La force veille à ce que les participants jouent ! Un système de visa est en place, sans quoi les joueurs meurent, et la ville est entourée d’un champ de force mortel. Ça vend du rêve, hein ?

Avant de commencer

Le premier épisode d’Alice in Borderland est un exemple d’exposition. Nous saisissons clairement la personnalité de chacun, leur relation avec les autres, leurs contextes humains et professionnels… Tout est maîtrisé et nous invite à les suivre. Je me suis de suite attachée à ce trio de potes, ces garçons tous les trois blessés à leur façon. Bien qu’avec des parcours différents, ils restent réunis par l’amitié. Et c’est là une des premières forces de l’œuvre : l’empathie. Notre trio projetés dans un monde hostile et nous craignons pour eux. Surtout que le mystère qui nimbe le jeu ne laisse que peu de perspectives de résolution. Ils subissent avant de comprendre. Heureusement, leurs différentes qualités respectives les aident : Arisu est un petit génie, Karube le guerrier et Shôta le sage. Le tout est de savoir s’ils s’en sortiront.

Press start

Effectivement la série Alice in Borderland, qui ne compte que huit épisodes. Elle est assez ramassée, et bénéficie donc d’un rythme soutenu. Chaque épisode possède son lot d’épreuves, symbolisées par des cartes à jouer avec des caractéristiques propres. Les cartes sont de quatre types : Cœur représente des jeux relationnels, Carreau des défis intellectuels, Pique des épreuves physiques et Trèfle essentiellement du travail d’équipe.

Le sel de la série, c’est également sa galerie de personnages, principaux, secondaires ou tertiaires. Cette série est une adaptation d’un manga (Imawa no Kuni no Alice de Asô Haro, 2011) et la transposition est réussie. Les intervenants sont hauts en couleurs sans pour autant être (trop) caricaturaux. Ça passe. Nous avons envie d’en savoir plus sur ces figures qui apparaissent au gré des épreuves, et dès le deuxième épisode apparaît deux personnages que l’on espère voir survivre. Spéciale dédicace à Chishiya qui se sera vite imposé comme un des personnages préférés du public. Toi qui a vu la série, tu sais de quoi je parle…

Sans spoiler (évidemment) : personne n’est à l’abri.

C’est également l’une des forces de cette série. Les règles du jeu sont respectées! Que cela plaise ou non, que cela ait des conséquences dramatiques pour certains personnages ou pas. Ne vous y trompez pas, nous ne sommes pas chez Disney.

Et c’est là une saveur des plus agréables. Cette épée de Damoclès qui tangue au-dessus de chaque protagoniste crée une tension à chaque seconde. D’ailleurs, le ton est donné dès le début de la série.

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En effet, l’inventivité des épreuves est un exemple de sadisme et d’ingéniosité. Certaines épreuves sont vicieuses et alambiquées quand d’autres sont sadiques et rageantes. Elles sont toutes, en tout cas, sorties d’un cerveau pervers et malade, mais lequel ? Les réponses ne s’esquisseront qu’à la toute fin et laisseront augurer une saison deux (la série ayant été un succès total, Netflix a déjà annoncé une saison 2 très récemment).

ALICE IN BORDERLAND

Deux arc narratifs

Alice in Borderland est séparée en gros en sa moitié. Ce qui est un bon ratio en termes d’attention. Chaque épisode se suit avec intérêt et c’est dur de ne pas bingewatcher comme un âne. Savourez, huit épisodes ça passe vite. Trop vite.

À noter : que la saveur d’Alice in Borderland réside dans son ton très japonais. Les auteurs/producteurs auront eu l’intelligence de ne pas américaniser l’ensemble. Je ne suis pas anti séries américaine, au contraire même, mais vous voyez très bien ce que je veux dire.

Et avant d’oublier, ce n’est pas une série pour sensibles : ça pisse le sang et ça fait mal. Ça ne rigole pas. Jusqu’à aller dans des scènes choquantes. Vous voilà prévenus, mes poulets.

ALICE IN BORDERLAND

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Sans phare dans la nuit

Niveau technique, Alice in Bordeland peut garder le menton haut et la mine fière. A dire vrai, beaucoup d’effets spéciaux sont réussis. Notamment, la post-production qui aura su effacer tout signe de vie dans Tokyo. Imaginez le travail que cela a dû demander ! Comme dit plus haut, ce sont des millions de personnes qui ont dû être effacées numériquement et des dizaines de lieux recréés en images de synthèse. Oui, par moment, ça se voit. Ok…un peu. Dans son ensemble, c’est super bien fait. Cela a dû demander un travail titanesque. Il faut laisser son œil critique au vestiaire et se laisser porter par l’aventure. Même quand il s’agit de certains félidés pas forcément très réussis.

J’ai également entendu pas mal de critiques sur leurs plans de nuit. Oui, ce sont ce qu’on appelle des « nuits américaines ». A savoir des images de jour sur lesquelles on ajoute un filtre bleu pour donner l’impression de nuit. Et oui, ça se voit. Franchement, c’est on ne peut plus normal pour une ville supposément dénuée d’électricité. La nuit, Tokyo brille de millions de lumières. Tourner de nuit et effacer ça numériquement aurait demandé un travail irréalisable. Là où une nuit américaine, si « fat » soit-elle, est clairement un gain de temps et d’argent.

Le casting est parfait

Des protagonistes aux antagonistes, tout le monde, ou peu s’en faut, est charismatique. Certains « méchants » sont même carrément inquiétants. Toi qui a vu la série, tu sais de quoi je parle… En somme, chaque épisode est parsemé de figures fortes que l’on aime suivre et pour qui on craint le pire. Et il y a certains pour qui on souhaite le pire.

À mon grand étonnement. Certains thèmes de société trouvent le moyen d’être abordés sans pour autant casser le rythme de la série. Cela concerne un personnage secondaire attachant et qui aura une des meilleures scènes de toute la série, confronté à l’un des méchants les plus haut en couleurs. Cette scène… (cœur avec les doigts). Toi qui a vu la série, tu sais… ouais hein, oh oui comme tu sais.

La bande son est honnête et sert l’ensemble sans être particulièrement marquante, si ce n’est un thème principal efficace que l’on a plaisir à retrouver à chaque générique.

Pour ceux qui veulent creuser un peu. Il y a évidemment un hommage à Lewis Carroll et son Alice au Pays des Merveilles. Au-delà du titre suffisamment évocateur, le nom du Chapelier et d’Arisu (prononcez Alis’ donc Alice), les cartes à jouer et le personnage d’Usagi (lapin en japonais) sauront asseoir les références.

Pour conclure…

J’ai adoré ! Je pense que ça c’est senti à travers mes lignes. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vibré autant devant mon écran, planquée sous le plaid, les poings serrés pour les personnages. Des rires, il y en aura, un peu. Des larmes, il y en aura, beaucoup. Ceux qui savent de quoi je parle auront surement la gorge serrée au moment de lire mes mots (*essuie une larmichette). Du début mystérieux au final plein de promesses, Alice in Borderland est un succès à tous les étages de mon cœur. Une production qui aura su garder le fun et le peps d’un manga/animé, le tout à travers des prises de vue réelles de très bonne facture. Merci Netflix de proposer des choses comme ça (cœur avec les bras).

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