Basketful of Heads

Basketful of Heads est un comics de Joe Hill (scénario) et Leomacs (dessin).

Édité chez Urban Comics pour le DC Black Label et Hill House. Il est sorti le 2 avril 2021 sur le territoire français.

Basketful of Heads - couverture

Introduction

Après une ovation internationale pour la saga Locke & Key, Joe Hill revient avec sa plume empoisonnée pour nous présenter le premier enfant démoniaque de son label horrifique. Rien que la couverture nous promet un voyage dont on ne ressortira pas indemne. Est-ce que Basketful of Heads tient ses promesses ? Poussez avec moi la porte du cimetière et foulons ensemble ces terres de cauchemars.

La main au panier

Basketful of Heads, c’est l’histoire d’un été sanglant. Un cauchemar estival pour un jeune couple amoureux qui n’avait comme objectif que de s’amuser. June et Liam ont tout pour eux, que ce soit des projets ou une évidente complicité sexuelle, tout est au beau fixe pour les deux tourtereaux. L’histoire prend place sur Brody Island, une presqu’île américaine aux accents balnéaires et au parfum idyllique. L’été touche à sa fin et des relents de réalité viennent assombrir le tableau. Ce n’est rien comparé aux histoires de Liam, policier sur l’île, qui jettent un froid. Il y a encore peu, ce dernier était sur une scène de suicide.

Mais qu’importe, c’est le passé ! Profitons du soleil, que pourrait-il bien arriver sur cette charmante petite bourgade, si ce n’est la cavale de quatre prisonniers fraîchement échappés. Et tant qu’à faire, ajoutons-y une violente tempête qui pourrait, par exemple, couper Brody Island du monde et la priver d’électricité. Il ne manquerait plus que Liam se fasse enlever par les psychopathes et que June soit obligée de se munir d’une hache scandinave du VIIIème siècle qui a le pouvoir de garder conscientes les têtes tranchées. Un programme d’été tout à fait normal en somme. Du moins dans la tête malade de Joe Hill.

Le fils du Diable

Cette histoire a la chance de sortir de la crypte mentale de Joe Hill. Pour qui l’ignore encore, Joe Hill est le fils de Stephen King. Après, si vous ne connaissez pas Stephen King, je ne peux rien pour vous. Personne ne le peut d’ailleurs. Le petit Joe a décidé, il y a de ça déjà quelques décennies, de suivre les traces sanglantes de son père, et avec succès il faut l’avouer. Que ce soit en roman ou, et c’est le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, en comics. Comme vous vous en doutez, il ne verse pas dans l’eau de rose. Si avec lui l’eau est rosée, c’est qu’elle est teintée de sang frais.

À la fin des années 2000, Hill allait nous ravir avec ce qui serait son œuvre la plus connue : Locke & Key, histoire en 6 volumes (en France) et qui se payera le luxe de se voir adaptée par Netflix. Pour un résultat sympathique et accessible au grand public, mais moins percutant que le comics. Doué pour l’horreur et à l’aise dans le médium qu’est le comics, Joe Hill continue sa tranchée morbide en nous proposant aujourd’hui Basketful of Heads. Et le meilleur reste à venir car il a eu l’excellente idée de créer son propre label, Hill House, ou la promesse d’encore beaucoup d’épouvante à venir. HAHAHAHAHA (rire sépulcrale). Pardon.

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Mauvais genre

Ce qui est super dans les écrits de Joe Hill, c’est l’amour abyssal qu’il porte à l’horreur. Que ce soit dans ce qu’il dégage à travers ses textes ou bien la forme qu’il leur choisit quand il embauche un dessinateur. C’était le cas avec Gabriel Rodriguez sur Locke & Key, et c’est encore le cas avec Leomacs, de son vrai nom Massimiliano Leonardo, pour Basketful of Heads. L’artiste italien apporte une touche “pulp” bien sentie au récit de l’américain. Si, de prime abord, et ce fut mon cas, le dessin semble moins travaillé que ce que l’on pouvait espérer, ce style ne fait qu’accentuer l’ambiance et l’efficacité du récit.

Un casting graphique parfait pour un scénariste très doué, il en résulte une œuvre respectueuse du genre, évoquant les ambiances des “Contes de la crypte”. La pochette n’est pas sans rappeler le pauvre Georgie Denbrough, soit un hommage au génie du Maine et son roman “Ça”. On notera, facilement certes, le clin d’œil à Jaws (Les dents de la mer, 1975), que ce soit dans le nom Brody ou bien l’ambiance générale de la bourgade, que je présume être, du coup, dans le sud du Massachusetts. Autant d’éléments, familiers de près ou de loin, qui savent instaurer un petit quelque chose de réconfortant. Pour mieux nous cueillir.

Basketful of Heads - Jane peur

Les sombres perspectives

Nul doute que la création de Hill House est une sombre promesse. Un pacte de sang avec le lecteur. La certitude d’avoir régulièrement des récits horrifiques de qualité et finement illustrés, de ceux que vous lisez sous la couette, seulement éclairés par une lampe de chevet qui menace de s’éteindre. Je tiens également à noter l’incroyable qualité générale des productions Urban Comics. Sachez, c’est vrai et facilement vérifiable, que même les américains nous envie la qualité des publications de cet éditeur. Petite dédicace aux versions Noir & Blanc des travaux de Sean Murphy. Sincèrement, merci à eux.

À titre personnel, je me réjouis de savoir que d’autres cauchemars à dos collés vont bientôt compléter ma bibliothèque déjà bien fournie. Je les apprécie tout particulièrement, je dois le confesser. Ce sont un peu comme des livres doudous, que l’on aime à savoir pas loin pour se faire une petite frayeur bénigne. Ces petits frissons de l’enfance, quand on avait encore peur du loup. Ce genre de livre que l’on aime relire quand il pleut dehors. D’ailleurs, qui sait si cette pluie ne couvre pas les pas de cet étranger munie d’une hache… Celui qui vous regarde en ce moment même à la fenêtre…

Brody Island

Mon avis

Excellent démarrage pour l’aîné de Hill House qui, je l’espère, entraînera moults cadets dans son sillage. Il va sans dire que j’ai fait en sorte de ne rien spoiler, comme à mon habitude. Je ne saurais vous priver d’une lecture vierge en vous livrant une info essentielle à l’intrigue. Un récit finement mené qui n’épargnera rien à son héroïne tout en gardant une dose d’humour bien dosée. Une histoire fantastique dans tous les sens du terme, qui aura su me captiver, et ce même à la seconde lecture.

Basketful of Heads - 4ème de couverture
Pour conclure…

Bravo aux auteurs et encore merci Urban Comics pour autant de discernement et de qualité.

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