Dernière course

Internet et ses réseaux sociaux offrent souvent de belles surprises. Au détour d’une virée quotidienne sur Instagram, je suis tombée sur le compte de Loreley Nixe. Rien que le nom est une promesse à quelque chose de spécial car, dans la mythologie germanique, Loreley est une nymphe qui, telle une sirène, fait chavirer les marins par ses chants mélodieux. Vous voilà prévenu(e)s. Cette chère Loreley proposait alors un concours à l’issue duquel vous pouviez avoir la chance de gagner sa dernière nouvelle et de la recevoir numériquement. Et devinez qui a eu cette chance ?

Après quelques échanges des plus sympathiques, j’ai enfin téléchargé son récit, ne sachant pas trop à quoi m’attendre. Le titre ne me laissait que peu d’indices et la couverture sous-entendait plutôt quelque chose de sexy. Quelque chose de sexy ? N’en jetez pas plus, j’achète !

Dernière course

Synopsis

À chaque compétition, la Lady des circuits et son adversaire de toujours se livrent à un duel sans merci. Habituées à être côte à côte sur les podiums, Nathalie et Léa affichent leur rivalité sportive sur la piste comme en dehors. Cette dynamique bien rodée est soudain perturbée par l’annonce de Léa, décidée à arrêter sa carrière de pilote moto à la fin de la saison. À la surprise générale, leur dernière course commune prend une tournure des plus inattendues. Nathalie est victime d’un grave accident. Une fois le sabotage de sa moto avéré, tous les regards se tournent vers son ennemie publique numéro un, obligeant Léa à dévoiler la face cachée de leur relation.

Avis

Vous vous doutez bien que je ne spoilerai pas le récit et ne ferai que caresser les grandes lignes avec les doigts, vous emmenant avec moi pour un tour de piste. Car c’est bien de piste qu’il s’agit et du monde de la moto, de la rivalité qui en découle et des relations complexes qui y naissent.

Le récit est accrocheur d’entrée. L’héroïne se voit plongée en plein enfer suite à l’accident de celle qui apparaît comme étant sa plus grande rivale. On vit, pas à pas, minute par minute, ce moment douloureux que Loreley aura eu à cœur de retranscrire de manière efficace, notamment par l’usage de phrases courtes. Ce rythme quasi erratique aura pour effet de vous faire sentir tout le stress et l’oppression endurés par Léa, notre héroïne.

Le style est d’abord épuré et percutant, collant bien à la situation, ce qui aura pour avantage de vous immerger assez rapidement. Ensuite, le récit faisant, le style se pose un peu plus et d’autres personnages feront leur apparition, densifiant la narration et l’intérêt du lectorat. Différentes relations voient le jour, qu’elles soient filiales, amoureuses ou professionnelles. Outre le caractère psychologique, l’histoire prendra également une tournure presque polar, beaucoup d’enjeux restants en attente d’être résolus. Vous serez ensuite transporté(e)s quelques dizaines de lignes plus loin, repu(e)s d’un joli festin de mots.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire « Dernière course ». Le récit est court, moins d’une quarantaine de pages, et se lit agréablement, comme une pause bien méritée. C’est toute la force des nouvelles. Leur format se prête aux aventures fugaces et passionnées, courtes mais intenses, et autant dire que, tant sur la forme que le fond, « Dernière course » est une bonne nouvelle. Loreley sait manier les mots. Souvent avec bon sens et efficacité, elle se permet même la gourmandise d’aller jusqu’à la rime et ainsi flatter les yeux qui la lisent.

Certes, tout n’est pas parfait, et son statut d’auteure amatrice peut se ressentir, notamment dans son déroulé narratif. Il m’est arrivé de me sentir quelque peu perdue par moment, ne sachant plus à qui se rattachait telle ou telle situation, ou quelles étaient les interactions entre tel ou tel personnage. Rien de grave cependant, l’histoire se suit et les connexions se font. Car, si Loreley Nixe pêche, c’est par excès de générosité. Le mieux étant souvent, si ce n’est toujours, l’ennemi du bien, à trop vouloir alambiquer son court récit, l’auteure aura laissé quelques gravillons sur la route de la compréhension.

Et ce n’est rien de grave, car ne pas oublier qu’elle fait tout toute seule. Soyez persuadé(e)s que tous les auteur(e)s qui se retrouvent dans vos points de vente sont passé(e)s entre les mains des correcteurs des maisons d’édition. Sans cela, même les plus connu(e)s, s’ils devaient travailler seul(e)s, accoucheraient de textes bien moins finis que ce qui vous est donné de lire.

Ce qui prime ici, c’est la passion, et tout le talent que déploie Loreley pour nous faire vivre ce qui sort de sa tête et, visiblement, de son cœur. Car c’est bel et bien la cible de ses flèches littéraires, toucher à ce qui nous parle au plus profond : des amours difficiles, des coups de foudre et des larmes, des flamboiements de chair et des étreintes moites et passionnées…

Quoi que vous ayez vécu, une ou plusieurs phrases de cette nouvelle sauront vous rappeler à une expérience passée. Et je dois bien le confesser, par moment, elle aura le pouvoir de vous humidifier les yeux, vous remémorant quelques unes des cicatrices que porte votre cœur. « L’avantage des cicatrices, c’est qu’elles vous rappellent que le passé n’est pas un rêve », a dit un grand homme, bien que fictif, aux goûts culinaires des plus douteux.

Pour conclure…

J’aurais passé un très bon moment en compagnie de Loreley Nixe et j’ai hâte de suivre cette auteure qui, sans aucun doute, a un réel avenir dans la profession. Un talent qui ne se boude pas, surtout à ce prix-là et au regard de la qualité proposée. Une nouvelle qui se déguste comme une gourmandise et qui ouvre l’appétit quant aux récits à venir. Bravo à elle.

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