Interview Escargots des Bois Noir

Aujourd’hui, nous allons faire connaissance avec un métier encore très peu connu. Pour les amateurs d’escargots, ne bougez pas ! En revanche, si vous êtes vegans ou juste que vous n’aimez pas ça, c’est à vous de voir. Donc, sans plus attendre, je laisse notre nouvelle invitée prendre la parole et bonne lecture.

Bonjour, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Pauline, j’ai 32 ans. Maman d’un petit garçon de 4 ans. Picarde à l’origine mais installée dans le Puy de Dôme dorénavant.

Quel est le nom exact de ton métier ?

Il s’agit du métier de Héliciculteur / Hélicicultrice

 Y a t-il une formation à faire pour ?

Aucune formation obligatoire pour s’installer mais c’est un métier très technique, avec peu de données scientifiques. Il est donc préférable de se former. Il existe pour ça deux centres de formations en France : un à Chambéry (celui où je suis allée) et un à Besançon. Ce sont des lycées agricoles. Chacun propose des formations différentes, de l’initiation sur une journée aux formations longues diplômantes type BPREA (ce que j’ai fait).

Pourquoi les escargots ?

J’ai découvert ce métier il y a 12 ans lors d’un festival en Charente maritime, des éleveurs vendaient leurs productions en barquette, des petits gris cuisinés à la catalane, ça marchait super bien. Et je me suis intéressée au métier à ce moment-là, mais sans oser franchir le pas de monter une entreprise. Et puis l’année dernière, je travaillais encore dans le tourisme et j’ai eu l’occasion de visiter un élevage proche de chez moi, et j’ai retrouvé l’envie !  Ayant déjà une ferme, avec pour projet d’être au maximum autosuffisants, j’avais déjà un orteil dans le monde agricole, et j’aime le côté élevage très délicat des escargots. Et c’est une activité récente, qui n’a que 30 ans, beaucoup reste à faire dans ce domaine.

Peux-tu nous expliquer une journée type dans ton travail ?

Il n’y a pas vraiment de journée type. L’année se découpe en plusieurs activités :

  • Janvier-février : période creuse, on gère l’administratif.
  • de mars à mai : reproduction des escargots en intérieur, et préparation des parcs en extérieur.
  • D’avril à octobre : les escargots sont en parcs, il faut les nourrir, les protéger des prédateurs.
  • de septembre à décembre : la période la plus chargée ! Il faut faire le ramassage puis la transformation des escargots.

Et bien sûr toute l’année : la commercialisation. Je privilégie le circuit court, comme la plupart de mes confrères et consœurs.

Quelles sont les difficultés que tu as rencontré ?

Mon activité débute tout juste, donc je n’ai pas encore eu de réelles difficultés. Le plus compliqué pour moi pour le moment étant de trouver un laboratoire pour transformer mes escargots.

Qu’as-tu appris sur les escargots qui t’as surprise ?

Un détail assez technique de la reproduction. Juste avant de s’accoupler, l’escargot éjecte un dard en calcaire sur son partenaire, qui favorise la reproduction, mais à voir c’est assez impressionnant, voir même violent, on ne s’y attend pas du tout.

Combien de temps faut-il pour qu’un escargot arrive à maturation ?

Cela dépend des espèces, dans mon cas je vais élever des Gros gris. Ils sont adultes en 4 mois et demi. En comparaison, l’escargot de bourgogne met 2 à 3 ans à atteindre sa taille adulte.

bébés escargots

Y a-t-il une forte demande et si oui est-ce toute l’année ?

Il n’y a pas de problème de commercialisation des escargots en france, on en consomme 35000 tonnes par an, dont 10000T en ramassage dans la nature, 24000T importés des pays de l’est ou de Turquie et préparés par les industriels (les escargots qu’on trouve en grande surface) et seulement 1000T par des éleveurs comme moi. Avec les changements des habitudes de consommation actuelles, le besoin de consommer local, cela ne peut que bien se passer pour les héliciculteurs !

élévage

Pour la consommation, elle varie selon les régions, dans le nord et l’est on en mange surtout pour les fêtes, “à la bourguignonne”, et dans le sud et l’ouest, ils mangent plutôt des petits escargots en sauce, à la tomate par exemple ou en cargolade (sorte de barbecue d’escargots).

Aurais-tu des recettes à nous conseiller ?

Je vous conseille un produit qu’on ne trouve presque que chez les héliciculteurs, qui est la Croquille. C’est une fausse coquille en gaufrette, dans laquelle on met un escargot et une farce (bourguignonne ou fromagère par exemple). Un produit très sympa pour l’apéro, dans lequel tout se mange.

Une anecdote à nous partager ?

Pas d’anecdote, vu que je débute, mais un conseil beauté ! N’hésitez pas à utiliser les produits à base de bave d’escargots. Leurs vertus sont connues depuis des millénaires en amérique du sud et en asie, car c’est plein de collagène et d’allantoïne.

(mot de la rédac:”J’en ai moi-même utilisé et j’avoue que c’est pas mal du tout. C’était sous forme de crème, c’était frais mais surtout ça ne collait pas”).

Pour conclure…

Tout d’abord, un grand MERCI d’avoir pris le temps de répondre à nos quelques questions et de nous avoir permis de découvrir un peu plus ce métier, encore trop peu mis en avant. Surtout, toute l’équipe de LIFE te souhaite une belle et longue réussite dans ce milieu atypique. N’hésite pas à nous donner des nouvelles de l’avancement de ta future exploitation si je puis dire. Et vous lectrices/lecteurs, avez-vous découvert des choses ? Vous avez déjà entendu parler de ce métier ? Dites-nous tout 😊

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