The call

The Call est un thriller temporel sud-coréen écrit et réalisé par Lee Chung-hyun, sorti en 2020 sur Netflix. Il s’agit de l’adaptation libre du film portoricano-britannique The Caller de Matthew Parkhill. Attention, mise en garde : le film est adapté aux plus de 16 ans.

Synopsis

Une tueuse en série et une autre femme, au téléphone dans la même maison, à 20 ans d’intervalle. L’une menace le passé et la vie de l’autre pour changer son propre destin.

Netflix

Une ligne téléphonique temporelle

« The call » nous embarque en 2019 avec Seo-yeon, jeune femme active de son temps, va emménager dans la maison familiale. Une maison perdue en campagne qui aura été témoin d’une grande partie de son enfance. Après un souci de téléphone portable, elle décide donc de rebrancher le téléphone fixe de cette maison. Cela l’amuse, le vieil appareil ressemble à un dinosaure. À sa grande surprise, le téléphone se met alors à sonner. Notre héroïne décroche et entend un drôle d’appel provenant d’une certaine Young-sook. Sans doute que Seo-yeon n’aurait jamais voulu décrocher.

Young-sook entre en contact avec Seo-yeon mais après quelques échanges, elles font une découverte proprement hallucinante. Young-sook se trouve dans la même maison que notre héroïne mais à vingt ans d’écart, en 1999 ! Au début, cela effraie les deux jeunes femmes mais elles vont vite trouver des avantages à cette drôle de connexion. Passé l’étonnement, elles s’amusent à se jouer du continuum espace-temps. Tout ce que Young-sook fait en 1999 aura des répercussions sur la vie de Seo-yeon 20 ans plus tard. C’est alors que notre protagoniste lui demande un coup de main pour changer sa vie.

Redistribuer les cartes

En 1999, le père de Seo-yeon décède et elle n’aura jamais su guérir de ce drame. Elle voit en cette situation extraordinaire une chance inespérée et demande donc à sa nouvelle amie de l’aider à sauver son père. S’extrayant d’un quotidien très compliqué, Young-sook prend d’énormes risques pour cela et réussit l’impensable. Le père de Seo-yeon se voit être vivant en 2019 et la vie de notre héroïne va considérablement changer à la suite de l’exploit de son étrange amie.

Ses deux parents vivants, Seo-yeon est aux anges et vit enfin sa vie rêvée. Tout à changé en un claquement de doigts pour Seo-yeon, mais pas pour Young-sook. Séquestrée par une mère à priori démente, son existence oscille entre enfermement et punition. Sa nouvelle relation téléphonique est un véritable échappatoire pour la jeune coréenne du siècle dernier. Seo-yeon continue un temps ses appels vers le passé jusqu’au moment où elle commence à faire passer sa vie avec ses parents en priorité, ne répondant plus aux appels de son amie temporelle. Young-sook a pourtant désespérément besoin de ces appels pour endurer son quotidien, et l’amertume s’installe.

Lire aussi notre article: Love and Monsters

Une amie bien singulière

Les échanges des deux amies continuent et Young-sook raconte ce que sa mère lui fait subir. Abasourdie, notre jeune héroïne cherche à aider son amie. Elle la soutient, lui conseille de ne plus subir et de prendre le large. Cependant, ce que notre protagoniste ne sait pas, c’est qu’elle a au bout du fil une personne déséquilibrée. Un événement fait apparaître le vrai visage de Young-sook et Seo-yeon commence à prendre peur. Elle met de la distance entre elle et ce téléphone, sauf que de l’autre côté du fil sa sombre correspondante ne l’entend pas de la même oreille.

Young-sook se sent rejetée par son amie alors qu’elle lui a permis de retrouver son père. Elle a l’impression d’avoir été manipulée et qu’aujourd’hui elle n’a plus besoin d’elle. Ce qui va la mettre dans une colère noire. Notre héroïne ne se rend pas compte de l’impact que son rejet engendre sur cette voix au téléphone. Jusqu’au jour où Young-sook va reprendre le contrôle de sa vie. Les actes du passé auront un impact sur le futur et notre protagoniste va en faire les frais. Ainsi, sa vie basculera dans un cauchemar sans nom.

Casting

Pour son premier film en tant que réalisateur, Lee Chung-Huyun décide de s’entourer de Park Shin-Hye (vue récemment dans le film #Alive sur netflix) et de Jeon Jong-seo. La première, qui tient le rôle de l’héroïne, fait du très bon travail et affiche un jeu crédible. Quant à la deuxième, c’est sûrement le point fort du film. Jouant parfaitement les gentilles autant que les cinglées, cette actrice électrise les scènes dans lesquelles elle apparaît. Deux actrices très complémentaires qui savent soutenir une narration particulière. Le reste du casting est très honorable et le tout est très cohérent.

Évidemment, tout le sel de « The call » repose sur l’alchimie qui émane des deux actrices principales. Leurs échanges ponctuent une relation qui naît dans l’amitié pour finir dans la haine totale. Je pense qu’elles auront pris beaucoup de plaisir à peindre cette fresque au ton si particulier. De mémoire, rares sont les films qui utilisent ce ressort scénaristique. Elles en font leur partie et le tout se suit avec une certaine délectation. En somme, un casting efficace porté par deux figures de proues auxquelles on s’attache. Pour le meilleur et surtout le pire.

Mon avis

Porté par un concept intéressant, ce long-métrage sud-coréen est assez particulier. Jouant sur le chantage, la frustration, la manipulation et les conséquences de nos actes, “The Call” porte à réfléchir. Ne jamais se fier aux apparences et qu’en chacun de nous peut résider un monstre qui peut se réveiller s’il est blessé. Le film se tient bien, ce qui est une gageure quand on aborde les aller-retours dans le passé. D’ailleurs, les changements en 2019, suite aux actions de 1999, sont très bien représentés et de manière originale. Techniquement, le film se tient bien et je vous conseille vivement de le regarder jusqu’à la dernière minute.

“The Call” s’inscrit dans la grande famille des thrillers coréens, malheureusement trop ignorés du grand public. Le réflexe se porte souvent sur le cinéma américain, peu sont ceux qui osent le cinéma asiatique. Pourtant, dans le genre Thriller / Horreur, le cinéma sud-coréen est clairement un El Dorado du genre. Souvent sale et hyper violent, voire dérangeant, le pays du matin calme sait impacter la rétine. À savoir que si vous aimez ce genre, je ne saurais que trop vous conseiller les films suivants : “Memories of murder” (Bong Joon Ho, 2003), “Old Boy” (Park Chan-Wook, 2003), “The Chaser” (Na Hong-jin, 2008) ou encore “J’ai rencontré le Diable” (Kim Jee-woon, 2010).

Pour conclure…

Un bon petit thriller original qui sait tenir en haleine jusqu’au bout, porté par un scénario intéressant et des actrices convaincantes, The Call se regarde avec plaisir si vous êtes fan du genre. Certainement pas le meilleur film de l’année mais néanmoins une œuvre méritante qui sait captiver, et ce jusqu’à l’ultime minute.

Personnellement, j’ai beaucoup apprécié et je le recommande. Et j’oubliais, faites attention quand vous décrochez le téléphone…

Dans le même genre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *