Les petites bêtes des réseaux

Les réseaux, là où il grouille une espèce souvent dissimulée. Prête à bondir à n’importe quel moment. Cette espèce qui agit avec intelligence et méthodologie. Toute une stratégie, elle se met en quête d’une nouvelle victime. J’ai été victime d’une de ces espèces, j’ai décidé de vous raconter comment ça s’est passé pour moi.

L’approche 

Un jour d’été, au moment où j’étais pleine de doutes, j’étais vraiment très mal, un début d’année très compliqué. Je ne savais pas si j’allais continuer à m’exposer sur les réseaux. Besoin de faire du vide, de savoir qui je suis et pourquoi j’y étais.

Je décide de poster une simple photo sur mon Instagram, un paysage lambda. Liké par une petite bête qui sort de nulle part. Je découvre son compte, lui like également quelques photos. Après tout, vous me direz que cela reste classique quand son compte est en public. 

Les petites bêtes des réseaux

Il commence à faire pareil, il like des photos sur mon perso mais aussi sur mon compte blogging. Puis vient un message privé, un premier échange de « Salut ». Tout va bien à ce moment-là, je lui répond simplement.

Puis commence une petite conversation dans la journée. Je rentre du taff, et le soir, je décide de poster en story ma lecture du moment. La petite bête vient à réagir, un simple ‘bonne lecture’, mais de là vient une vraie discussion qui se met en place. Une discussion qui dure jusqu’à 2h du matin. On se trouve des sujets communs, des goûts identiques. On se complète et on a énormément de choses communes. Des conversations par simple courtoisie qui durent des heures chaque jour et tard le soir.

Puis un matin, ce fameux message qui te donne soudain une grande importance pour quelqu’un d’autre, qui te met dans une position compliquée. Car la petite bête est soit disant sortie d’une relation longue alors que mon cœur à moi est déjà pris, enfin c’est ce que je pense.

Les petites bêtes des réseaux

Mais je décide de ne pas m’attacher à ce message qui me touche plus que tout et je décide de continuer avec la petite bête. Je sais que ce n’est pas possible d’avoir une relation avec lui mais ces échanges avec lui deviennent indispensables, un besoin de l’avoir tous les jours par message.

On raconte nos vies, la mienne plus que la petite bête. De là, il sait sur quoi il faut attaquer, où il doit déposer ses armes. Il se met à pénétrer dans ma tête, dans mes habitudes et à être présent dans ma vie. 1 chanson, puis 2 chansons qu’il me fait découvrir pour que je le connaisse de plus en plus. Il me donne l’impression de rentrer dans sa vie. Vient le moment où une forte attirance apparaît. Je me surprend à penser à nos échanges et à relire nos conversations.

Le début de la manipulation 

Ma petite bête sait comment agir pour que je devienne accro. Elle cherche à connaître tout de moi, avoir de l’empathie. Elle calcule ses mots pour créer une vraie addiction. Une sorte d’emprise se met en place. Elle crée un manque là où il ne devrait pas y en avoir. Elle est très observatrice et elle sait le détail qui me fera perdre pied. La petite bête connaît des détails très intimes, elle touche à ma confiance en me complimentant, elle me donne l’impression d’être sa prochaine histoire. Cette petite bête me dit les mots que je n’ai pas entendu depuis si longtemps. Elle me raconte de belles histoires avec des projets à deux. Elle sait même se montrer jalouse quand elle sait que je discute avec d’autres personnes. De tout ça, elle sait mettre des mots justes pour créer cette nécessité de devoir l’avoir tous les jours par messages.

“Je ne suis qu’une ligne sur ton écran” 

Elle est capable de me dire qu’il ne faut pas qu’on s’attache plus que des amis. Que nous ne sommes pas dans la même galaxie. Que nous deux étions fait pour une autre vie.

Notre histoire reste impossible. La distance, la famille, pleins de détails qui avaient trop d’importance pour ne pas en faire une histoire ensemble, n’être qu’un “roman d’été”.

Mais je me mets à découvrir des choses, et je décide de lui en parler car c’est la base de notre échange, être francs et se dire les choses. La petite bête s’aperçoit que je ne suis pas si idiote. Stratégie d’empathie ? Elle avoue et raconte davantage sur elle, sa vie qu’elle a essayé de cacher.

Mais quand elle voit que les choses changent, elle décide de disparaître. Me laissant dans une situation d’inconfort, de manque et de perte. Sa disparition fait ressortir cette sensation d’abandon et d’incompréhension.

La chute des émotions

Mon cœur est déchiré. Pire qu’une rupture. Cette petite bête a réussi à pénétrer au plus profond de moi. J’ai réussi à la refaire revenir. Ce qui lui donne plus d’importance, elle prend de la puissance.

Les choses s’accélèrent, la relation évolue. Des choses se dévoilent et deviennent intimes, beaucoup trop intimes. Plus qu’il ne faut surtout quand on est amis. On est quoi exactement en fait ? Des connaissances ? Des amis ? Ou des amants ?

Un événement va alors tout changer. Une limite est atteinte et la petite bête disparaît complètement. C’est un point de non retour. Laissant derrière elle des milliards de questions. Des messages vus sans réponses.

La vermine décide de rester là, en sous-marin pour causer encore plus le trouble, l’incompréhension. Elle m’observe sur tous mes réseaux. Et elle va même me bloquer sur l’un d’eux où j’ai découvert des choses. Par peur que je n’en découvre plus.

De là, je me sens alors violée. Un viol pas physique mais psychologique.

S’en sortir

De cette addiction, de cette manipulation, j’en ai tiré une force incroyable. J’ai compris ce que j’étais et ce que je voulais.

‘Je ne veux plus être une victime’

J’ai trouvé un objectif à atteindre et je veux rester concentrer pour ne pas me faire polluer par cette bestiole pire qu’un poux sur la tête de nos têtes blondes. J’ai coupé les ponts, je l’ai laissé m’observer mais la bloquer de temps en temps pour qu’elle comprenne qu’elle n’a plus d’emprise sur moi. Derrière cet écran où il n’y a plus de limites, où en un instant on peut s’y perdre. Perdre sa dignité et son amour propre. On peut être la victime d’une petite bête au moindre signe de faiblesse. Aujourd’hui, j’ai décidé d’en parler car c’était moi mais demain cela peut être toi, elle, lui  ou même son propre enfant. Il faut casser ce nid de nuisibles qui peut nous sucer jusqu’à la moelle. Elles se nourrissent de notre faiblesse et de notre gentillesse.

Il est important de savoir qu’on n’est pas seul à subir ça. Ce n’est pas une honte d’en parler. Il faut en parler pour aider les autres victimes à sortir de ce tourbillon néfaste, et les convaincre de ne pas culpabiliser, ce n’est pas de notre faute. On a été simplement manipulé, dupé.

Pour conclure…

Aujourd’hui, je me sens comme un phoenix qui se déploie vers un renouveau. Je veux aller de l’avant à pleine puissance, me sentir libre des mots que je veux employer. Je ne veux plus vivre une telle histoire, ne plus me sentir addictif à quelqu’un. Libre de moi simplement. J’aimerais tellement que chaque petite bête disparaisse de nos vies. De ne plus voir une personne souffrir de ça. Alors prenez soin de vous et si vous êtes victimes, parlez-en. Il faut arrêter le développement de cette vermine.

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