Notre joyeuse famille recomposée

Les familles recomposées, c’est dans l’air du temps. De nos jours, les recompositions familiales avec ou sans enfant(s) sont devenues monnaie courante. Mais que cela implique-t-il ? Est-ce une vie paisible ou un joyeux foutoir ? Étant moi-même dans le cadre d’une famille recomposée avec mon conjoint, j’aborderai ce sujet d’un point de vue plutôt personnel.

C’est dans l’air du temps

Un mariage qui dure, c’est beaucoup moins courant qu’avant. À l’heure où le divorce est devenu plus accessible et où les couples se séparent plus facilement, les familles recomposées sont de plus en plus nombreuses. Autrefois, on ne quittait que très rarement son conjoint. Aujourd’hui, quand ça ne va plus, on décide de se séparer. Souvent, des enfants sont de la partie. Et refaire sa vie alors que l’on a un bagage est devenu moins compliqué aujourd’hui qu’il y a encore une vingtaine d’années. De nos jours, le/la nouvel(le) élu(e) accepte plus facilement le package (même si ce n’est pas toujours le cas). Et bien souvent lui aussi possède un certain bagage.

Notre joyeuse famille recomposée

Plusieurs cas de figure

Alors, la famille recomposée, c’est quoi ? C’est tout simple. C’est la création d’une famille avec différentes « pièces rapportées ». Des enfants d’un côté et/ou de l’autre, une fois en couple cela recompose donc le foyer. Bien souvent, monsieur ET madame ont des enfants. Et cela donne lieu à l’apparition d’une famille nombreuse (rappelons qu’une famille nombreuse, c’est à partir de 3 enfants). Parfois, c’est seulement madame qui a des enfants. Et parfois, plus rarement j’ai l’impression, seul monsieur est parent. Dans mon cas personnel, c’est moi qui était déjà maman de 4 petits loupiots, ma moitié n’avait pas d’enfant. Après quelques années ensemble, nous avons voulu avoir notre enfant à nous deux et me voilà repartie dans les échographies et très bientôt dans les couches. Il est vrai que, bien souvent, les couples décident d’agrandir la famille en ayant leur(s) enfant(s) en commun.

Notre joyeuse famille recomposée

Du début du couple à la rencontre avec les enfants

Dès le début, Chéri (oui, c’est son petit nom) savait que j’avais 4 enfants. Je lui ai toujours dit “si tu me prends moi, tu prends le package complet”. Et pour lui, cela n’a jamais été un problème. Il savait depuis le début que j’étais maman (et de famille nombreuse qui plus est) et il l’a accepté sans sourciller, même en sachant ce que cela impliquait. Nous avons décidé de profiter un peu de nous avant que les enfants puissent rencontrer le nouvel amoureux de maman. Nous avons donc passé plusieurs mois ensemble, il venait me voir les jours où les enfants étaient à l’école/crèche. Je partais chez lui certains week-end avec la complicité de ma maman qui me gardait les petits. J’avoue que sans elle, nos débuts ensemble auraient été plus complexes. Après plusieurs mois et vu que cela collait bien entre nous (je n’en ai jamais douté mais ça confirmait), nous avons décidé d’opter pour les présentations. Alors depuis quelques temps, les loulous savaient que maman avait un nouvel amoureux et ils étaient ravis, mais il était temps qu’ils se voient en vrai. Nous avons donc commencé par des rencontres individuelles. Il a tout d’abord rencontré la plus petite, puis le troisième et enfin les grands à tour de rôle. Chaque fois, nous allions dans un parc ou dans une boulangerie, histoire de passer un moment sympa et de nous découvrir à 3. La rencontre des 5 ensembles s’est passée une veille de Noël. Et les choses se sont faites naturellement. Chéri a été adopté à l’unanimité par mes 4 petits. Début d’une joyeuse famille recomposée.

Une famille recomposée, cela se construit

L’établissement de ce nouveau foyer ne se résume pas à la rencontre du nouveau conjoint et des enfants. C’est du boulot. On s’apprivoise, c’est un travail de tous les jours, surtout au début où l’on doit procéder par étape. Je pense que les choses se déroulent mieux, qu’il y a moins de heurts, si nous ne bousculons pas la vie et les habitudes de chacun. Vous savez ce que l’on dit, “il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs ». Je trouve que cette expression prend ici tout son sens. À aller trop vite, on risque de ne pas établir de bonnes bases et un déséquilibre pourrait se créer. Il est essentiel que la relation entre le nouvel adulte et les enfants se fasse doucement et en toute sérénité. Avoir des moments individuels avec l’un ou l’autre des petits permet de créer une relation plus stable. Une astuce : se renseigner sur ce que l’enfant aime et passer du temps avec lui sur des activités qui lui plaisent. Et après ces moments individuels, il est également important de passer des moments tous ensemble, en famille. Parce que oui, ce nouveau conjoint devient un membre de la famille.

Notre joyeuse famille recomposée

Pour certaines familles, ce n’est pas forcément tout rose

J’ai eu beaucoup de chance je pense, mes enfants ont toujours été ouverts à mon bonheur et le fait que maman soit heureuse avec un nouvel amoureux leur a permis de l’accepter de suite. Mais il est vrai que pour certaines familles les choses ne se déroulent pas du tout de cette façon. Pour certains, l’arrivée du nouveau conjoint signifie aux yeux des enfants que leur papa et leur maman ne se remettront pas ensemble. Cette pièce rapportée devient donc un/une rival(e). Il est celui qui vole la place à l’autre parent. Alors que bien souvent, il n’en est rien. La plupart du temps, les parents ne s’entendent plus, plus d’amour, de l’incompréhension… (les raisons sont tellement nombreuses) et ils décident de se séparer. Mais cela n’est pas toujours facile à comprendre pour un enfant (surtout s’il est jeune) et l’arrivée d’un(e) nouveau/nouvelle chéri(e) est alors mal vu et mal pris. Parfois, c’est le nouveau conjoint qui ne peut supporter les enfants de monsieur ou madame. Il est vrai que ce n’est pas évident d’accepter les enfants de quelqu’un d’autre. Des tensions peuvent se créer, parfois telles que la famille recomposée explose et se sépare à son tour.

Pour d’autres familles tout se passe bien

Bien que pour certains foyers, la recomposition familiale se passe mal voire prenne fin, pour d’autres c’est une nouvelle aventure qui se passe bien ou tout du moins sans trop de heurts. Comme je le disais plus tôt, je fais partie de cette catégorie. Chéri a été accepté sans soucis par ma tribu. Et lui a accepté 4 petits (ils n’étaient pas vieux à l’époque) comme s’ils étaient les siens. Au jour d’aujourd’hui, Chéri est parfaitement intégré au sein de notre famille. Nous avons attendu un moment avant d’emménager ensemble, par souci d’organisation et pour d’autres raisons qui nous sont personnelles. Cela a été dur de ne pas être tout le temps ensemble. On se voyait très souvent, fort heureusement. Maintenant que nous sommes tous réunis sous le même toit, nous sommes comblés. Tout le monde a pris ses marques et tout le monde est épanoui.

Quelques pistes pour que cela se passe bien

Il est bien entendu qu’il faut tout mettre en œuvre pour que les choses fonctionnent et qu’il y ait une cohésion au sein de notre famille, comme cela doit être dans une équipe. J’ai bien trop souvent entendu le discours de pères ou de mères qui mettent sur un piédestal leur(s) enfant(s) et discréditent le beau-parent. Bien souvent, on entend également ce dernier reprocher tous les mots de la Terre aux enfants du conjoint. Ce genre de choses font qu’à un moment donné des tensions vont apparaître et un vent de discorde va peser au-dessus du foyer. Il est essentiel de voir les choses pour ce qu’elles sont : nos enfants ne sont pas parfaits et nous ne sommes pas parfaits. Bien évidemment que nos petits font des bêtises, sont parfois insolents et que nous n’avons pas toujours les paroles ou attitudes appropriées à la situation. Les êtres parfaits n’existent pas. Mais les conflits viennent bien souvent du fait que l’on se voile la face et que l’on refuse de voir les choses telles qu’elles sont. Il faut aussi se remettre en question et être à l’écoute de l’autre. Chez nous, chacun a pu trouver sa place. Nous avons appris à nous écouter les uns les autres. Et chaque jour, nous continuons d’apprendre. Il est également important qu’en tant que parent nous laissions une place au beau-parent. Comment pourrait-il s’investir auprès des enfants et créer un lien avec eux si nous sommes toujours sur leur dos, à surveiller, critiquer, remettre en cause leurs actions ? Pour ma part, j’estime que s’ils prennent part à la vie de leurs beaux-enfants ils ont alors le droit de donner leur avis et intervenir sur des sujets comme l’éducation et le bien-être des enfants. Agir comme un parent ne se limite pas à une question de biologie.

La part du beau-parent au sein de cette joyeuse troupe

Comme je l’ai dit plus haut, le rôle de parent ne se limite pas pour moi à la biologie et à des liens du sang. Selon moi, le rôle de parent tient plus à une relation venant du cœur et aux actions de tous les jours. Il est donc logique pour moi d’impliquer le beau-parent auprès des enfants. Et c’est ce qui s’est passé au sein de mon foyer. Chéri a pris naturellement sa place auprès des loulous. Il joue avec eux, s’occupe de leur vie scolaire, les charrie, s’occupe d’eux quand ils sont malades, leur donne à manger et les gronde lorsque cela est nécessaire. Cela me semble normal. Certaines personnes refusent que le nouveau conjoint intervienne, surtout sur le plan de l’éducation (“ce ne sont pas ses enfants”, “cela ne le concerne pas” vous diront-ils). Pourtant, il est là dans leur vie de tous les jours. Pourtant, il subvient aussi à leurs besoins. Pourquoi serait-il alors relégué au second plan ? Parce qu’il n’a pas donné son spermatozoïde ou son ovocyte ? C’est dommage de restreindre leur présence au foyer de cette manière, cela ne leur donne pas de légitimité aux yeux des enfants. Ici, Chéri intervient au même titre que moi et je trouve ça normal. Si je trouve que quelque chose ne me convient pas, je le lui dirait ultérieurement comme il le fait lorsqu’il trouve que mon action n’était pas la meilleure à ses yeux. On en discute, on communique. Cela évite les conflits. Cela permet dans notre cas de créer une certaine harmonie dans notre foyer.

Et après …

Une fois la relation établie entre le nouvel arrivant et les enfants, les choses se déroulent comme dans n’importe quelle famille. Selon l’appréciation et les choix de chacun, le couple décide d’emménager ensemble, soit chez l’un soit chez l’autre ou bien dans un nouveau logement. Et bien souvent la question d’un enfant en commun est soulevée. C’est comme cela qu’après quelques années et un projet d’emménagement ensemble, nous voilà à réfléchir avec Chéri à ce petit être, part de nous deux. Les 4 loulous nous demandaient depuis un moment déjà pour quand serait le mariage (c’est en projet pour dans 2 ans environ). Ils nous ont tanné pour un bébé, ils voulaient un nouveau petit frère ou une petite sœur (ce sera donc une autre petite sœur). Preuve qu’ils ont trouvé leur place et qu’ils sont ouverts à l’agrandissement de la famille. Et comme je le disais plus haut, nous avons emménagé il y a peu ensemble et prochainement, après la naissance de ce petit nous, nous nous installerons tous dans notre projet de vie, notre maison à nous tous.

Pour conclure…

Pour moi, famille recomposée rime avec famille heureuse. Chacun a pu trouver sa place au sein de cette recomposition. Il faut beaucoup d’écoute et beaucoup d’amour, mais le jeu en vaut la chandelle. Nous serions passés à côté de quelque chose d’énorme. Nous avons la chance d’avoir pu créer un foyer heureux. Je souhaite à toutes les familles recomposées de trouver leur équilibre et de pouvoir aussi dire qu’ils sont tous heureux ensemble.

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