Dracula – Édition Définitive

Après avoir découvert l’Édition Prestige du Frankenstein dessiné par le grand Georges Bess, c’est au tour de Dracula de passer entre les mains de l’artiste. Paru une première fois en 2019, c’est le 19 octobre 2022 que Glénat propose à ses lecteurs une Édition Définitive, agrémentée du texte L’invité de Dracula censé faire office de premier chapitre au roman original, qui nous intéresse aujourd’hui.

La vie sang toi

Un chapitre inédit pour cette nouvelle édition du chef-d’œuvre gothique…

En 1897, le public découvre dans les pages d’un roman épistolaire écrit par Bram Stoker l’extraordinaire personnage de Dracula, être immortel qui se repaît du sang des vivants pour les transformer à leur tour en créatures maléfiques. Si Stoker n’a pas inventé la figure du vampire, il lui a malgré tout conféré sa forme moderne en faisant du comte Dracula une figure iconique et emblématique inspirant des générations d’auteurs. Et bien que le roman ne fût pas un best-seller immédiat, il connut un écho mondial à travers des adaptations cinématographiques cultes. Armé du brio graphique qu’on lui connaît, George Bess signe dans Bram Stoker Dracula une œuvre de virtuose qui démontre, une fois de plus, que Bess est sans conteste l’un des grands dessinateurs de la bande dessinée contemporaine. Cette nouvelle édition vous fera découvrir une adaptation inédite de L’invité de Dracula, une nouvelle publiée bien des années après la mort de Bram Stoker. Ce superbe bonus de 15 pages est suivi d’études et de croquis.

Glénat
"Whitby" le petit village ou tout commence pour Mina Lucy et les autres

Le cercle des chasseurs disparus

Transylvanie, XIXème siècle. Jonathan Harker, un jeune clerc de notaire, débarque avec armes et bagages pour rencontrer le comte Dracula avec qui il a des affaires à régler pour le compte de son employeur M. Hawkins. Devant les mines effarées des tenanciers de l’Hôtel de Bistritz, puis de ses compagnons de diligence au courant de sa destination, Jonathan, homme terre-à-terre s’il en est, rejette leurs mises en garde et leurs bénédictions, n’y voyant que de la superstition. Mais arrivé à destination, le clerc de notaire commence à s’interroger devant les bien étranges manières de son hôte, ainsi que devant les bizarreries dont il est témoin pendant son séjour. Venu pour finaliser l’acquisition de l’abbaye de Carfax par le comte, Jonathan va alors disparaître, laissant sa fiancée Wilhelmina Murray (surnommée Mina) sans nouvelles.

Le détail de certaines planches est absolument impressionnant dans "Dracula"

Londres, un mois plus tard. Mina est en villégiature à Whitby chez sa richissime amie Lucy Westenra et se désole du long silence de son futur époux. Un soir, une violente tempête provoqua le naufrage d’un navire russe. Peu après avoir échoué, un énorme chien jaillit de la cale et disparut dans la nuit. La tempête cessa aussitôt, et lorsque les autorités visitèrent le bateau on ne retrouva que le capitaine lié à son gouvernail un crucifix en main… mort. C’est alors que Lucy, sujette à des crises de somnambulisme durant son adolescence, reprend l’habitude de sortir durant son sommeil.

La tempête qui à fait coulé le Déméter dans "Dracula"

Le temps passant, elle semble atteinte d’un mal étrange qui la vide de son sang. Appelé en renfort par le docteur de Lucy, John Seward, le professeur Abraham Van Helsing semble en savoir long sur la maladie qui touche l’amie de Mina. En compagnie du Dr Seward, de Arthur Holmwood, le fiancé de la malade, et de Quincy P. Morris, amoureux éconduit de la belle et grand ami d’Arthur, Van Helsing va tenter l’impossible pour la guérir avant qu’il ne soit trop tard… Mais peut-être est-ce déjà le cas…

L'utilisation d'ombrage renforce la force du dessin dans "Dracula"

Découvrez un extrait de Dracula – Édition Définitive ici !

Quand Bess rencontre Stoker

Certaines composition sont magnifiques dans "Dracula"

Publié quelques 79 ans après le Frankenstein de Mary Shelley, dont l’adaptation par Georges Bess a fait l’objet d’une publication également chez Glénat, Dracula est le roman qui donnera ses lettres de noblesse aux vampires modernes. C’est après avoir fait la rencontre d’Arminius Vambery, spécialiste des légendes d’Europe de l’Est, en 1890 que Bram Stoker va avoir l’idée de cet immortel buveur de sang. Alors que la société londonienne est secouée par les meurtres de Jack l’éventreur, l’écrivain va s’inspirer de Carmilla de Sheridan Le Fanu, mais également de Théophile Gautier (La Morte amoureuse) ou encore Jules Vernes (Le Château des Carpates) pour créer sa vision du vampire : un non-mort aristocratique, intelligent et tout aussi séduisant que repoussant.

Un "cocher" qui sait se faire obéir des loups ? Pas très catholique tout ça

Après sept ans de travail acharné, le roman épistolaire sera publié, mais ce n’est qu’après la mort de l’auteur en 1912 que cette œuvre passera à la postérité. Comme c’était déjà le cas pour Frankenstein, Georges Bess signe ici une adaptation de haute volée, peut-être plus encore que pour le roman de Mary Shelley. On retrouve bien sûr l’utilisation des noirs pour souligner les ténèbres dans lesquels nos héros évoluent en se lançant à la chasse d’un monstre tel que Dracula. Les ombrages présents sur certaines planches viennent ajouter une profondeur et un aspect inquiétant aux événements, ajoutant encore à la tension palpable tout au long de la bande dessinée. Un vrai travail d’orfèvre, jusque dans les magnifiques croquis et esquisses présents en fin d’ouvrage.

Oh saigneur…

"Mina" tente d'en savoir plus sur les légendes de la région

Comme toute passionnée de littérature classique, j’ai découvert peu ou prou les auteurs fantastiques, gothiques et néogothiques en même temps. Mais je dois avouer que le comte vampire a toujours exercé sur moi une certaine fascination. Le fait que le roman soit en fait un recueil de lettres, de journaux et autres coupures de presse le fait paraître extrêmement tangible voire réaliste. Et c’est là sa grande force, au-delà même de proposer des personnages courageux et pourtant profondément humains dans leur faiblesses.

En bon cartésien "Jonathan" ne crois pas aux chimères

Il était donc hasardeux de la retranscrire en dessin sans perdre cet aspect crédible du roman. Toutefois, si le chapitrage en lettre a disparut, le choix de Georges Bess de garder un narrateur différent par chapitre fait parfaitement l’affaire et on a souvent l’impression de lire tantôt un journal de voyage, tantôt un journal intime de chacun des protagonistes et témoins du récit. J’ai adoré les différentes formes que prend le démon sous la plume du dessinateur, surtout ce clin d’œil à Nosferatu, quand Dracula grimé en cocher pour amener Jonathan au château présente des dents plus longues au niveau des deux incisives centrales.

Jonathan et Mina croisent le comte en plein "Londres"

Une bande dessinée absolument magnifique qui rend un vibrant hommage au travail de Bram Stoker, et qui en plus inclut une adaptation de L’Invité de Dracula, un texte non terminé publié après la mort de l’auteur et censé constituer le premier chapitre du roman, dans lequel il ne fut pas inclus. Il est à noter que comme pour Frankenstein du même dessinateur, Glénat propose deux éditions : la Définitive et la Prestige.

Mina est à son tour mordue et risque de devenir un "Vampire"
Pour conclure…

Avec cette adaptation de Dracula, Georges Bess fait montre de tout son talent en donnant vie, charisme et ténèbres au comte le plus célèbre de la littérature. Si vous appréciez l’œuvre de Bram stoker, je suis certaine que cette adaptation saura vous hypnotiser et vous conquérir. Voilà un beau cadeau à faire pour Noël, c’est le moment de vous saigner un peu !

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