Btooom! T01 à 03

Disponible depuis quelques années au catalogue de l’éditeur Glénat, Btooom! est un manga Seinen ultra-violent en 26 volumes. J’ai récemment eu les trois premiers tomes entre les mains. Et comme je ne m’en suis toujours pas remise, je me suis dit qu’il fallait que je vous partage ça. Une petite mise en garde avant de commencer : au vu du contenu du manga, celui-ci n’est clairement pas à mettre entre toutes les mains. Vous voilà prévenus.

"Btooom!" Fais ressortir ce qu'il y a de pire chez les gens

Ça va faire Btooom!

Le jeune Ryota Sakamoto vit confiné chez lui et passe ses journées à jouer online. Mais, lorsque de mystérieux hommes en noir l’enlèvent et le transportent sur une île déserte, le voilà contraint d’employer des bombes pour combattre d’autres participants ! Pourquoi ? Pour qui ? D’autant plus que ce combat ressemble à une version grandeur nature du jeu vidéo ! Bombes à retardement, à fragmentation ou télécommandées, à lui de faire exploser ses adversaires pour pouvoir survivre !! Un jeu d’action sans concession !!

Glénat
Ryota est un grand joueur de "Btooom!"

Ryota Sakamoto est ce qu’on pourrait appeler un NEET. Sans emploi, il passe son temps à jouer online au jeu populaire du moment : Btooom!. Agressif avec son entourage, à la limite de la violence, il s’évade dans ce battle royale virtuel où sa sagacité l’a conduit à devenir le joueur numéro un du Japon. Un beau jour, Ryota se réveille accroché dans un arbre par un parachute et sans aucun souvenir des dernières heures. Comment s’est-il retrouvé sur cette île tropicale ? Que sont ces étranges bombes à retardement qu’il a trouvé à son réveil ? Et surtout, pourquoi se trouve-t-il là ? C’est un mystère. Et ce n’est pas la personne qu’il voit au loin qui va lui donner la réponse. Au lieu de l’aider, l’homme va attaquer Ryota à coup d’explosifs et il n’aura d’autre choix que de le tuer pour sauver sa vie. Traumatisé par son geste, le jeune homme va se rendre compte des similitudes entre les événements qu’il vient de vivre et son jeu préféré. Après sa rencontre avec Kiyoshi Taira, un agent immobilier quinquagénaire auquel il décide de s’allier, Ryota retrouve peu à peu ses souvenirs. Emmenés par de mystérieux hommes en noir, des dizaines de personnes ont été catalpultées sur une île déserte afin de participer à une reconstitution grandeur nature de Btooom!. Dans cette partie, où il faut tuer pour sortir vainqueur et espérer retrouver une vie normale, est-il vraiment possible d’accorder sa confiance ? Surtout quand les règles du combat font ressortir ce qu’il y a de plus abject chez certains.

Le cerveau derrière l'intrigue de "Btooom!"

La danse des bombes

Inutile de chercher de l'aide dans "Btooom!"

Il se trouve que Btooom! est le deuxième manga de Junya Inoue, et ce n’est pas un hasard si celui-ci parle de jeu vidéo. En effet, c’est un domaine que le monsieur connaît bien puisqu’il a commencé sa carrière chez Toaplan (studio principalement connu pour ses shoot’em up) en tant que graphiste. Après un passage par la société Gazelle, il rejoindra le studio Cave dans lequel il finira par devenir directeur artistique sur le jeu Progear. Après sa participation sur DoDonPachi Daiojo en 2002, il tournera le dos à son avenir vidéoludique pour se lancer dans le manga. Sa première œuvre, Otogi Matsuri, éditée dans le magazine Comic Gum, est une série fantastique s’inspirant du bestiaire propre au folklore japonais. Mais le jeu vidéo n’est jamais très loin de Junya, puisqu’après un bref retour chez Cave pour le développement de Death Smiles, il s’attaque à l’écriture d’une série traitant d’un jeu : Btooom!

Il existe différentes sortes de "Bims"

Et bim !

Notre héros possède des "Bims à retardement"

Dans Btooom!, les protagonistes sont lancés dans une sorte de battle royale où le but est de tuer ses adversaires à coup de bombes (appelées des Bims). Sauf que contrairement à un jeu vidéo, après le game over, il n’y aura pas de deuxième chance. C’est cette réalité qui insuffle au manga cette atmosphère étouffante, ce stress que l’on ressent constamment au cours des pages et qui met un certain temps à se dissiper, même quand on referme le volume. Il faut le reconnaître, Btooom! m’a bousculée et mise mal à l’aise. Graphiquement parlant, c’est une réussite. Chaque case est hyper travaillée mais sans perdre en lisibilité. L’intrigue se développe à un bon rythme et les moments de calme alternant avec les moments de tension et de combat permettent au lecteur de reprendre son souffle et d’assimiler les informations dispensées au compte-gouttes. Car le sujet est loin d’être de tout repos. En ce qui me concerne, j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher au héros, qui apparaît fortement antipathique au début du récit. Problème que j’ai rencontré tout au long de ces trois tomes avec les différents personnages. En effet, pourquoi s’attacher à un personnage quand on est persuadé qu’il n’en sortira pas indemne ? On réagit un peu comme si nous étions également sur l’île mortelle à collaborer avec des inconnus dont on ne peut jamais être certains qu’ils ne nous trahiront pas. Puis, avec le temps et les événements, un lien se crée au-delà du quatrième mur, une sorte de mécanisme d’identification. La violence absurde et gratuite à laquelle les participants sont confrontés est parfois difficilement supportable, surtout quand elle est dispensée, entre autres, par un personnage âgé de 14 ans. En d’autre termes : c’est dur, c’est glauque et ça remue les tripes.

Dans "Btooom!" il n'y a que deux option tuer ou être tué

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