Frankenstein

Frankenstein est une œuvre manga écrite par Junji Itô et publiée sous les éditions Mangetsu. Sorti le 1er juin 2022, le livre comporte plusieurs petites histoires en bonus de l’histoire principale, Frankenstein. Elle comporte également une préface de Joann Sfar, auteur de bandes dessinées telles que Le Chat du rabbin ou Donjon, ainsi qu’une analyse de Morolian, une personne très active sur Twitter qui se spécialise dans les œuvres de Junji Itô.

Une réédition de Frankenstein

Frankenstein revient avec une réédition de la part de Mangetsu, cette maison qui nous offre de belles œuvres de Junji Itô depuis plusieurs mois maintenant. Initialement paru chez Tonkam en 2014, le récit de Frankenstein réinventé par Junji Itô de septembre 1994 à novembre 1994 se retrouve aux côtés de récits totalement inédits en français, comme ceux de Non-Non, qui sont au nombre de deux dans cette œuvre. Au total, dix histoires courtes sont à découvrir, certaines faisant d’ailleurs partie de la même série. Mais l’histoire qui nous importe le plus aujourd’hui est bien évidemment celle de Frankenstein, la première de ce manga grand format de plus de 400 pages.

Frankenstein

Sorti le 1er juin 2022

Prix : 22,90€

Nombre de pages : 416

Frankenstein

Comme son nom l’indique, Frankenstein est une adaptation du très célèbre roman du même nom de Mary Shelley, publié en 1818. L’histoire reste la même, un docteur du nom de Victor Frankenstein se met en tête de créer une forme de vie à partir des membres du corps de personnes décédées. Se faisant, il parvient à réussir et crée ainsi “le monstre”, sa progéniture, qui est d’une laideur absolue. Mais tout ne se passe pas comme prévu…

Frankenstein couverture

Cet article contient des spoilers, à vos risques et périls !

La vision du maître de l’horreur

Comme il fallait s’y attendre, cette adaptation de la part du grand Junji Itô est très gore et horrifique. Pour ceux qui ne connaissent pas Frankenstein, il s’agit d’une bonne manière de découvrir cette œuvre si classique et de pouvoir la lire avec des dessins déroutants et qui collent parfaitement à cette ambiance de fiction gothique. On se retrouve alors en pleine Suisse à suivre l’histoire de Victor, homme aux traits fins, très ambitieux et qui est, selon lui, destiné à de grandes choses. Junji Itô, doué comme il est, nous montre bien par ses dessins et son récit que Victor a une vie parfaite toute tracée devant lui. Mais malheureusement, il se laisse submerger par ses besoins de reconnaissance et de découverte, le menant ainsi à sa propre perte.

Au fil des pages, le physique de Victor se détériore. L’ambiance s’assombrit et les corps des défunts sont de plus en plus nombreux. On passe d’une famille aimante et “parfaite” à un conte d’horreur, du sang et des membres éparpillés par-ci par-là. Jusqu’à l’apparition du second protagoniste, le monstre, fils de Victor Frankenstein. Une créature si monstrueuse qu’elle ne passe pas inaperçue et engendre la peur partout où elle passe. Mais cette créature possède elle aussi des sentiments, à tel point qu’on se demanderait si elle n’est pas le personnage principal de cette œuvre.

Les textes ainsi que les pages sont à lire de droite à gauche, comme le sens japonais !

Une créature mécomprise et en quête d’amour

La créature, aussi affreuse et effrayante soit-elle, va développer des émotions au fur et à mesure du temps, en observant des familles aimantes, ainsi que le langage des humains et le comportement à utiliser avec eux. Cependant, il se rend vite compte qu’il ne pourra jamais aimer ou être aimé comme beaucoup d’humains le font entre eux, puisqu’il fait bien trop peur pour cela. Il est si repoussant que personne ne souhaite l’approcher. Son physique est un obstacle à ses sentiments, à tout ce qu’il souhaite offrir aux autres. Cette frustration le pousse à vouloir se venger de son créateur, Victor, et à détruire tous les êtres qui lui sont chers, pour lui administrer toute la souffrance qu’il ressent par sa faute, puisqu’il est « né » à cause de lui.

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La première victime est William, le petit frère de Victor. Ce dernier, en Allemagne lors des faits, retourne en Suisse pour participer à l’enterrement et savoir plus en détail ce qu’il s’est passé. Il revoit peu de temps après sa création et obtient des aveux de sa part, prétextant qu’il voulait lui faire du mal pour se venger.

Une fin malheureuse

La créature lui offre alors un deal, lui créer une épouse aussi laide et capable de l’aimer comme il est. Victor est un peu hésitant mais finit par accepter par peur de perdre toute sa famille s’il ne le fait pas.

Il prétexte un voyage en Angleterre pour trouver un endroit isolé et faire ses travaux, recommence à exhumer des corps de femmes pour créer un corps tel que celui du monstre et se fait surprendre par Henry, son ami, qui l’a suivi jusqu’ici. Henry décide de l’aider et une fois que la femme est créée, elle ne réagit pas comme elle le devrait et essaye de blesser Victor, puis est terrifiée en voyant le monstre, qui la tue finalement car elle réagit comme tous les autres humains.

Le monstre hurle qu’il s’agit de la faute de son créateur et qu’il cherchait à l’humilier, et n’hésite pas à tuer son ami sous la colère, ainsi que toute la famille restante de Victor. Déboussolé et attristé de se retrouver seul, le monstre finira par s’enfuir, et lui et Victor joueront au jeu du chat et de la souris, à se suivre et à se poursuivre. Ce qui nous renvoie aux premières pages du livre, lorsque le capitaine d’un navire croise les deux personnages à une journée d’intervalle sur des radeaux en pleine mer du Nord.

C’est donc sur un lit du navire que Victor racontera leur histoire, cette tragédie qui partait d’une ambition extrême, d’un souhait d’obtenir le pouvoir divin de la création d’un être. Victor donnera son dernier souffle sur ce navire. Le monstre, lié à lui par des liens indescriptibles, sent que son créateur n’est plus de ce monde et hurlera que le seul être qui lui restait l’a finalement abandonné comme les autres.

Mon avis sur Frankenstein

Frankenstein est une œuvre que j’ai lu et même visionnée durant le lycée, mais dont je ne me souvenais absolument plus. L’adaptation de Junji Itô, bien que fidèle au niveau de l’histoire, se démarque par ses scènes sanglantes et ses dessins horrifiques à en faire des cauchemars. L’ambiance est sombre, dérangeante, et c’est ce qui donne l’envie de continuer et de savoir ce que vont devenir Victor et le monstre. Malheureusement pour eux, leur avenir était voué à la souffrance et à la détresse. Il ne fut donc pas possible d’obtenir une fin heureuse, ni même une quelconque réconciliation entre les deux personnages.

Pour conclure…

La première partie de Frankenstein, qui repose donc sur l’œuvre du même nom, est une belle adaptation qui saura ravir tous les fans de Junji Itô et ceux qui aimeraient redécouvrir ce roman de Shelley d’une manière plus graphique et grotesque qu’autrefois. Il s’agit d’un bon tremplin pour ceux qui souhaiteraient aussi se lancer dans les œuvres de Junji Itô, mais qui ne savent pas par où commencer. Partir sur un classique est toujours une bonne idée !

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