La Voie des Druides

La voie des Druides est un livre sorti en Mars 2023 qui reprend le personnage de Doric, apparu dans le film Donjons et Dragons : l’honneur des voleurs. C’est un roman des éditions Larousse dont l’auteur est Emily Kate Johnson, une romancière nouvelliste canadienne. 

Couverture de "La Voie des Druides".
4ème de couverture de "La Voie des Druides".

Un Livre plein de Suspens

La voie des Druides est ce que nous pourrions appeler un page turner ! Chaque chapitre se finit sur une phase d’action qui donne envie de lire la suite, il est donc difficile d’appliquer la règle du “aller je m’arrête à ce chapitre”. Pour moi, c’est un gros plus ! Pour quelqu’un qui a parfois du mal à se motiver pour lire, c’est agréable d’avoir ma curiosité piquée à ce point. Certains livres ne font pas cet effet et j’ai l’impression d’avoir le temps de les lire… du coup j’en commence un, puis deux, puis trois… Alors que j’ai lu celui-là sans l’interrompre par un autre livre (j’ai en revanche pris le temps de pouvoir regarder le film avant de trop m’y enfoncer) !

Un Préquel au Film …

Première question à laquelle il est très simple de répondre : peut-on lire La voie des Druides sans avoir vu le film (ou lu le bouquin du film) ? Évidemment ! La voie des Druides est un préquel qui fait très bien son travail puisque tout peut être lu sans avoir connaissance des problématiques du film. Je peux assurer que cette lecture s’apprécie autant avant d’avoir vu L’honneur des Voleurs qu’après ! J’ai pu voir le film seulement une fois avoir bien avancé dans le bouquin.

Bien sûr, nous retrouvons le même personnage dans le livre et dans le film : la druide Tiefling : Doric. Si l’on veut tout de même pousser la liaison entre La voie des Druides et l’Honneur des Voleurs, je peux tout de même avancer que le film fait brièvement allusion au passé commun de la druide et de l’ensorceleur. Ainsi, c’est amusant de voir de quoi les personnages parlent, puisque c’est un élément que nous retrouvons dans le livre. 

4ème de couverture de "La Voie des Druides".


4 ème de Couverture

“Doric n’est pas une jeune fille comme les autres, c’est une tieffeline, une créature que l’on dit démoniaque. Cachée puis abandonnée par ses parents, elle a été recueillie par une communauté d’elfes, mais il est difficile de faire l’unanimité quand on porte des cornes, une queue et une réputation détestable. Soutenue par son amie Torrieth, Doric va découvrir qu’elle est vouée à une destinée extraordinaire, qu’elle doit apprendre à maîtriser ses nouveaux pouvoirs pour déjouer les complots qui se trament au cœur de la forêt.” – La voie des Druides.

Sur les Pas d’une Tiefling

Bien que La voie des Druides soit un livre tourné sur l’apprentissage druidique de Doric, il relate momentanément son vécu en tant que Tiefling. Et c’est loin d’être joyeux… J’ai trouvé ces passages très émouvants et particulièrement injustes. Ce sont des moments durs, heureusement qu’ils sont entrecoupés de passages où Doric est une adulte.

Être un Tiefling dans le monde de Donjons et Dragons c’est la porte ouverte aux regards horrifiés, apeurés, aux mauvais traitements et à l’exclusion… Enfin ça, ça dépend du Tiefling. Si ceux-ci sont traités de la sorte c’est à cause de leur ascendance démoniaque qui, pour la plupart des autres espèces, signifie qu’ils seront forcément porteurs d’un chaos maléfique. Bien qu’il existe effectivement de mauvais Tieflings, il en existe aussi des bons (ou des neutres… rapport aux alignements dans D&D vous voyez ?) et c’est le cas de Doric.

Née de parents humains, la petite fille a vécu toute sa jeune enfance enfermée dans un grenier calfeutré pour la garder loin des yeux du monde. Même ses géniteurs n’osaient la voir. Doric ne connaissant que ça, elle ne leur en a jamais voulu, mais se posait beaucoup de questions. Pourquoi ne pouvait-elle pas sortir ? Pourquoi ses parents parlaient-ils tout bas ? Pourquoi sa petite sœur avait-elle le droit de sortir et pas elle ?… Tant de questions auxquelles elle a pu répondre plus tard : elle était une Tiefling, et tout le monde n’aime pas les Tieflings. Après avoir causé une frayeur involontaire chez ses parents, son père décida d’aller l’abandonner dans la forêt.

Ainsi débute la naissance des liens entre Doric et la nature, sa découverte du monde, de ses yeux d’enfant… En forêt, il n’y avait personne pour embêter la jeune Tiefling. Elle s’aperçut alors qu’elle pouvait manger de la viande crue, des écorces, des cailloux… Et contrairement à un enfant humain : ça ne lui posait aucun problème ! Sa survie a été jugée comme un miracle par une Elfe qui la trouva lorsqu’une crue particulièrement dévastatrice repoussa Doric jusqu’à elle. Liavaris devint alors sa protectrice, l’intégrant chez les Elfs de Neverwinter (Padhiver).

"Extrait" du livre.

L’Elfe de la forêt n’a pas laissé le choix à son clan : cette petite allait rester chez eux. Doric ne s’y sentit pas de suite chez elle, mais peu à peu, avec l’aide d’une nouvelle amie de seulement deux ans son aînée, elle put s’y sentir plus à l’aise. Les Anciens, les adultes, tous avaient leur propre avis. En grandissant, Doric s’est toujours sentie redevable, elle a donc tout fait pour être utile, tout pour ne pas perdre ce nouveau chez-elle… 

La Voie des Druides

Chez les Elfs de Neverwinter (Padhiver), il n’y a pas eu de druides depuis bien des lustres ! Doric se tourne naturellement vers la classe la plus commune parmi son nouveau clan : les rôdeurs. Ceux-ci peuvent s’apparenter à des chasseurs respectueux de la nature, maniant l’arc à la perfection, et doués dans la survie et dans l’exploitation intégrale du corps d’un animal mort. Un chemin tout tracé pour Doric ! Qui… n’est pas très douée là-dedans. Ce n’est pas pour rien que le nom du livre c’est “La voie des Druides” et pas “La voie des Rôdeurs”…

J’aime beaucoup le fait que la question de destin ne soit pas vraiment abordée là-dedans, Doric n’est juste pas très douée en tant que rôdeuse parce qu’elle fonctionne différemment de ses camarades sans même le savoir. Pas parce que son destin lui impose d’être druide. Elle a des capacités et une sensibilité différentes, un lien avec la nature qui n’est pas le même que celui des rôdeurs de son clan. Un lien qu’elle s’est créé toute jeune, toute petite, quand elle dépendait et apprenait de la nature pour survivre seule… Elle a été observée et choisie, on veillait sur elle, mais aucune porte ne lui a été fermée. Doric est juste comme ça : si elle peut se rendre le plus utile possible, elle le fera. Et là tout de suite, avec les humains qui commencent à couper la forêt de Neverwinter à tout va, ce serait utile d’avoir un druide ! Donc dès lors qu’elle découvre ses capacités, elle souhaite en faire usage. Elle est aussi poussée par Liavaris, sa protectrice, qui souhaite la voir s’épanouir dans quelque chose où elle est douée.

C’est alors décidé, Doric doit partir pour l’Enclave d’Émeraude, une assemblée de druides où elle pourra apprendre… la voie des Druides (trop facile). Ma partie préférée du bouquin débute alors : notre Tiefling quitte le nid pour atterrir chez ses professeurs ! J’adore l’ambiance de l’apprentissage, les rivalités qui s’installent, les personnages qu’on y découvre, l’action qui s’y passe ! J’ai tout aimé dans ces passages. Si les moments chez les Elfs ne m’ont pas particulièrement transcendé, je ne peux qu’écrire les louanges des chapitres se passant à l’Enclave. Doric s’y lâche, elle devient plus assurée, elle laisse derrière elle ses peurs, elle évolue, elle respire enfin. Doric n’a plus l’impression de prendre trop de place ou de ne pas mériter sa pitance. C’est une délivrance même pour nous. Elle découvre de nouvelles capacités extraordinaires, l’utilisation de la Forme Sauvage (métamorphose d’un druide en animal), et son naturel leadership qu’elle n’avait jamais eu le courage ou l’occasion de développer jusque-là… Bref, ce sont mes moments préférés du livre.

Les Étapes du Voyage

Nous commençons le récit en compagnie d’une Doric jeune femme et de sa meilleure amie Torrieth, dans les bois de Neverwinter (Padhiver) où habite le clan des Elfs sylvestres. Doric et Torrieth découvrent au même moment que la forêt est mise en danger par un groupe d’humains et que Doric est dotée de la magie des druides… comment ? Disons qu’un ours, chassé par la présence des Hommes, attaque nos deux aventurières et que Doric le repousse en réussissant à communiquer avec. Suite à cela, elle doit se mettre en route pour l’Enclave d’Émeraude ! Elle rencontre alors des contrées bien plus froides et bien moins vertes que sa belle forêt, en passant notamment par Heartward pour faire quelques courses, Waterdeep (Eau Profonde) afin de prendre un bateau qui la mènera plus près de son but. Elle évite les villes et villages du mieux qu’elle peut pour ne pas attirer trop de regards, mais sur le bateau tout le monde est accueillant ! Elle y apprend qu’elle peut se pendre par la queue, et que tout le monde n’a pas de problème avec son apparence…

Doric poursuit sa route le long de la Côte des Épées et son arrêt final se fait plus au sud lorsqu’elle arrive enfin à l’Enclave ! Débute alors son apprentissage, ça commence léger : faire mûrir un légume, contrôler un filet d’eau, puis ça finit par du lourd, littéralement, avec une transformation en ours ! Doric évolue… Sans trop vous en dire, elle apprend autant en matière de pouvoirs qu’émotionnellement. Puis elle doit rentrer. Mais cette fois, son voyage ne sera pas solitaire et les rencontres faites sur le chemin voient apparaître une Doric bien plus sûre d’elle ! Le retour, c’est tout ce que Doric attendait : retourner chez elle pour pouvoir se rendre utile. Elle est impatiente, ça m’étonnerait qu’un lecteur soit autre chose que content pour elle à ce moment-là…

Nos Compagnons de Route

Et à part Doric du coup ? Il y a évidemment d’autres personnages qui l’entourent. J’ai déjà cité Torrieth, sa meilleure amie, Liavaris, sa protectrice et mère, mais mes personnages préférés se trouvent à l’Enclave… Open est un druide Tiefling spécialisé dans la Forme Sauvage et la cuisine ! Il est le cuisinier de cette petite communauté, et c’est un plaisir d’avoir sa compagnie ! Il est chantant, joyeux, malin, gentil, sensible, ouvert… Doric est très curieuse parce qu’elle n’a jamais vu d’autres Tieflings et Open est compréhensif et pédagogue envers elle. Il lui montre qu’on peut exister en tant que Tiefling et se faire une place quelque part sans avoir à changer qui on est… il suffit de trouver les bonnes personnes. Open est plein de bonnes intentions, c’est un personnage vraiment agréable et sa dynamique avec Doric est adorable.

"Extrait" du livre.

Doric ne fait pas le voyage seule en rentrant chez elle… qui emporte-t-elle ? Jowenys ! Cette Furbolg qui n’a pas la langue dans sa poche, prête à aider ses amis dès qu’il le faut, et altruiste, elle est aussi l’une de mes personnages préférées ! Elle sait profiter de la vie, partager sans attendre quoi que ce soit en retour, écouter… Qui ne veut pas d’une amie comme elle ? C’est quelqu’un de fondamentalement bon, qui n’a pas peur de s’exprimer, ça sort un peu Doric de sa coquille ! C’est une très bonne amie pour elle…

Et au contraire d’une très bonne amie, nous avons Leander. Celui-là, c’est un Humain qui n’a clairement pas amélioré la vision de Doric sur eux. Malgré tout… moi je l’aime bien. C’est un apprenti druide combatif, qui aime apprendre et être le meilleur, qui aime se vanter aussi, oui… et qui entretient avec Doric une relation de rival ! Alors que Doric se faisait généralement toute petite, ça fait plaisir de la voir se défendre contre l’exemple d’un crétin qui pourrait s’en prendre à elle sans raison. Leander est doué, malheureusement, on ne peut pas dire que ce soit le cas pour ce qui est d’être agréable envers les gens ! Et c’est aussi pour ça que je l’aime bien quand même : il n’est pas parfait, et ses imperfections… lui coûtent cher. Il y a des conséquences à ses actes, il apporte une sorte de reality check au récit.

"Artwork" de la couverture.
Pour conclure…

La voie des Druides est un livre qui conte le passé de Doric et son apprentissage du druidisme à travers ses voyages et ses aventures entraînantes. J’ai beaucoup aimé lire ce livre, et comme je l’ai dit, il se lit autant avant d’avoir vu le film qu’après ! Et, il se lit très bien ! Les évènements qui se passent donnent vraiment envie de continuer page après page, le récit est bien rythmé ! Passés les quelques chapitres du début qui m’ont un peu ennuyé (question de goût plus que de qualité), le livre s’enfile sans mal ! L’écriture est accessible, les personnages sont attachants et intéressants, les évènements sont bien dosés, amusants ou tragiques… Bref, ce livre m’a beaucoup plu, et je garderais un oeil sur cette potentielle saga de préquels… 

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