Les jumeaux : Mythes et réalité

De tout temps, les jumeaux ont toujours fasciné. Deux bébés, cela a l’air tellement tout beau tout rose. Mais entre idéalisation, fausses croyances et réalité, qu’en est-il vraiment ?

Un peu de contexte sur le plan mondial

Depuis les années 80, le nombre de naissances de jumeaux n’a cessé d’augmenter partout dans le monde. Autant le pourcentage de jumeaux monozygotes (dits « vrais jumeaux ») reste stable, autant celui des jumeaux dizygotes (dits « faux jumeaux ») est lui en constante augmentation. Cela s’explique facilement, l’accès à l’aide à la procréation s’est quelque peu démocratisé (surtout dans les pays développés). Partout dans le monde, les couples ont la possibilité d’être aidés par la médecine pour concevoir leur bébé. Entre stimulation ovarienne et fécondation in vitro, le risque ou la chance (tout le monde ne se positionne pas de la même façon) d’avoir deux embryons qui s’implantent est plus important. Cela explique donc l’augmentation du nombre de jumeaux dizygotes.

Vrais jumeaux / faux jumeaux, c’est quoi ?

Les parents de jumeaux détestent lorsque l’on dit « vrais » ou « faux » jumeaux. Il s’agit de vrais enfants, alors peu importe de savoir comment la nature leur a permis de voir le jour. Mais pour les non-parents de jumeaux, cela peut être bien d’expliquer certaines choses. Les « vrais » jumeaux (ou monozygotes) sont deux bébés issus du même œuf. Cela signifie qu’au moment de la fécondation, l’ovule qui devait se développer normalement pour un seul bébé va se diviser en deux. Les « faux » jumeaux (ou dizygotes) sont eux issus de deux œufs bien distincts. Concernant ces derniers, outre la probabilité d’en avoir suite à un parcours PMA, il est de notoriété publique que les antécédents familiaux jouent un rôle. Et effectivement, cette croyance est vraie. Avoir deux ovocytes qui sont expulsés à peu près au même moment dans le cycle (et qui peuvent donc tous deux être fécondés) est un dysfonctionnement qui se transmet par hérédité. C’est de cette manière que l’on retrouve des lignées de jumeaux dans une famille. Par exemple : Mamie a eu des jumeaux (parfois plusieurs), la petite fille a eu des jumeaux et cela n’étonne pas vraiment. Les jumeaux monozygotes en revanche, c’est complètement dû au hasard, un bug dans la matrice. Rien ne prédispose à en avoir et surtout pas l’hérédité. C’est un peu la roulette russe.

Les jumeaux : Mythes et réalité

Petit laïus médical

Afin de bien comprendre de quoi il retourne, il faut savoir qu’il existe différents types de grossesses gémellaires :

  • Grossesse bi-choriale bi-amniotique (dite bi-bi). Là, je sais que je vous ai perdus. Choriale définit le chorion, c’est-à-dire le placenta. Amniotique, c’est pour la poche amniotique. Il s’agit donc ici d’une grossesse à deux placentas et deux poches amniotiques. Les « faux » jumeaux sont issus d’une grossesse bi-bi. Il peut s’agir de deux bébés du même sexe ou de sexes différents (on parle souvent de jumeaux mixte et la fameuse expression : « le choix du roi »). Attention, de « vrais » jumeaux peuvent également être issus d’une grossesse bi-bi. Tout va dépendre de quand l’œuf se divisera. Si l’œuf unique se divise très tôt, cela donnera deux placentas. Ces deux bébés seront bien des « vrais » jumeaux car issus du même œuf. Cette grossesse est si l’on puit dire la grossesse gémellaire la « moins » risquée, même si cela reste tout de même une grossesse à risque. Elle peut se prolonger jusqu’à 40 SA.
  • Grossesse mono-choriale bi-amniotique (dite mono-bi, c’est le type de grossesse que j’ai eu). Il s’agit donc de « vrais » jumeaux. Les deux bébés vont partager le même placenta mais chacun avec sa poche amniotique. Là, l’œuf s’est divisé plus tardivement et n’a donc pas pu créer deux placentas. Ici, le risque est plus important car cela crée plus de fragilité sur le placenta qui est commun. Les bébés ne sont séparés que par leur poche amniotique respective. En général, les médecins ne prolongent pas au-delà de 37 SA à cause de la dégradation précoce du placenta commun même s’il arrive que l’on permette parfois d’aller jusqu’à 38 SA et quelques jours (pour ma part, la césarienne fut programmée à 36+5 SA).
  • Grossesse mono-choriale mono-amniotique (dite mono-mono). Il s’agit d’une forme rare de grossesse gémellaire monozygote. Ici, l’œuf se divise très tardivement et n’a pas eu le temps de créer deux placentas et deux poches amniotiques. Les deux bébés se retrouvent donc dans la même poche. Autant dire qu’il s’agit d’une grossesse gémellaire à haut risque. La grossesse ne sera pas prolongée au-delà de 36 SA.
  • Les cas particuliers : il existe deux cas spéciaux qu’il faut souligner concernant la grossesse gémellaire. Le premier concernant des « faux » jumeaux dont la paroi du placenta de chacun se serait collée entre eux pour fusionner et ne faire qu’un. Cet événement est très rare et il en est peu fait mention mais il existe et il serait bien de le souligner. Cela reste considéré comme une bi-bi car leur circulation sanguine reste indépendante. Le second concerne les sesquizygotes. Il s’agit là d’une grossesse issue d’un seul œuf et d’un seul spermatozoïde et qui donne un garçon et une fille. Ils partagent le même placenta et une voir deux poches amniotiques comme les « vrais » jumeaux, partagent le même ADN mais ils sont de sexes différents. On parle alors de jumeaux « semi-identiques ».
Les jumeaux : Mythes et réalité

Une découverte pas banale

Après une période d’essai bébé plus ou moins longue selon les couples, votre test de grossesse affiche positif (je vous invite à consulter l’article suivant : Les début de la grossesse. Votre grossesse est confirmée par la prise de sang et par le médecin. Lors de l’échographie de datation, le gynécologue un peu embêté vous annonce qu’il n’y a non pas un mais deux embryons (oh punaise !!). Ayant eu moi-même des jumeaux, ce fut un soulagement car mon praticien me regardait d’un air grave comme si bébé avait un souci (la fausse couche redoutée) et m’annonce solennellement qu’ils sont deux. Petit bug de quelques secondes. Et pour ma part, soulagement !!!!!! Mais il n’en est pas toujours ainsi. Autant, pour moi, ce fut une joie (je pensais que bébé n’avait pas tenu alors m’en annoncer deux était une bénédiction) autant pour d’autres, c’est le choc voire une grande peur. Votre réaction, quelle qu’elle soit, est tout à fait légitime. Mais là vont se poser de nombreuses questions. Comment vais-je faire ? Vais-je réussir à en élever deux d’un coup ? Financièrement, est-ce que l’on pourra y arriver ? Va-t-on avoir la place ? Tout en double ?????

Les jumeaux : Mythes et réalité

Un suivi particulier

Il faut savoir que la grossesse gémellaire est une grossesse très surveillée car dite à risque. Elle sera très médicalisée mais il faut se dire que c’est pour la bonne cause. Une meilleure surveillance permet de mieux contrôler les différents soucis qui pourraient survenir. Concernant les bi-bi, c’est un suivi gynécologique tous les mois (comme toutes les grossesses) et une échographie en plus par mois. Pour les mono-bi, un RDV mensuel chez le médecin mais une échographie tous les 15 jours. Enfin, pour les mono-mono, compte tenu que le risque est plus important que pour les deux autres, c’est RDV et échographie tous les 15 jours dans un premier temps puis toutes les semaines une fois que la grossesse avance. Il est essentiel d’avoir ce suivi rapproché. Certains médecins peu ou pas habitués aux jumeaux ne vous proposeront pas des RDV aussi rapprochés. Il vous faudra alors de vous même contacter la maternité et leur expliquer que vous attendez des jumeaux afin qu’ils vous orientent vers un(e) gynécologue plus à même de vous suivre dans cette grossesse particulière.

Une grosse source d’angoisse

On ne va pas se le cacher, attendre un petit être peut être source d’inquiétude, mais en attendre deux, c’est angoisse puissance 1000. On a tous entendu à droite ou à gauche que les jumeaux étaient forcément liés à la prématurité, qu’ils étaient forcément plus petits qu’ils avaient plus souvent des complications pendant la grossesse, que l’accouchement se ferait forcément par césarienne … Et au final, on angoisse encore plus que pour un seul bébé. Il y a du vrai et du faux dans tous ces “on dit”. Oui, une grossesse gémellaire n’est pas sans risque et c’est la raison pour laquelle il est impératif de bien se faire suivre. Non, les jumeaux ne naissent pas forcément prématurément. Cela arrive, c’est vrai, mais ce n’est pas systématique. Avoir peur ne changera pas les choses, s’angoisser n’est pas bon. Il faut respirer un bon coup, faire du mieux qu’on peut, et surtout se reposer, se reposer et … ah oui je ne l’ai pas encore dit mais : SE REPOSER. C’est le maître mot pour la grossesse gémellaire.

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Les soucis médicaux

Bon, même s’il faut rester zen, je vous donne une idée des principales complications les plus récurrentes que l’on rencontre :

  • la prématurité : oui oui, ceci est un risque même s’il n’est pas systématique. La présence de deux bébés augmente le risque de leur arrivée précoce. Rappelons qu’avant 37 SA, un bébé est considéré comme prématuré. Il est donc primordial de se reposer en position allongée autant que possible.
  • l’hypertension : il semble que l’on rencontre plus d’hypertension chez les gémellaires (il vous sera demander des prises de tension, analyses d’urine).
  • un col beaucoup plus sollicité : et oui, deux bébés ça pèse et le col de l’utérus est mis à rude épreuve. Soutenant plus de poids, le col se modifie beaucoup plus vite que pour un singleton. D’où l’importance du repos. Et pas un repos assis, non, un repos allongé le plus possible. Dans cette position, le col n’est plus sollicité et plus aucun poids ne pèse dessus.
  • la cholestase gravidique : il s’agit d’une pathologie hépatique en lien avec les hormones de la grossesse. Elle apparaît en général durant la deuxième partie de la grossesse et se manifeste par des prurit (démangeaison). Elle doit être surveillée par le biais de prises de sang. Si les taux restent stables, un contrôle régulier par prise de sang et suivi monitoring accru est suffisant. Si les taux s’affolent, il faut alors parfois déclencher l’accouchement pour le bien des bébés et pour le vôtre.
  • la césarienne : malheureusement, beaucoup de praticiens ne tentent pas “le diable” et procèdent à une césarienne lors de grossesses gémellaires. Bien souvent, tout dépend des protocoles des maternités. Un bébé en siège, le stade de la grossesse ou encore un écart de poids font qu’une césarienne sera alors programmée. Ce fût mon cas, deux bébés bien au chaud et pas décidés à venir à 8 mois de grossesse. Un écart de poids de plus de 500g et hop, j’étais bonne pour la césarienne. Mais à l’époque, j’étais bien contente qu’on me libère de mon fardeau !
  • l’anémie : bien souvent, nous nous retrouvons anémiées pendant la grossesse et sommes complétées en fer. Imaginez alors vos deux petits vampires et l’effet que cela a souvent sur votre organisme. Votre gynécologue vous prescrira surement une prise de sang bilan hépatique à faire et vous donnera du fer pour vous éviter l’anémie.
  • le Syndrome du Transfuseur Transfusé (STT) : il s’agit d’une complication plus ou moins grave que seules les grossesses gémellaires mono-choriale peuvent rencontrer (environ 13% des grossesses mono). Partageant le même placenta, les jumeaux doivent avoir un échange sanguin constant et équilibré. Si l’un des jumeaux reçoit plus que l’autre, on parle alors de STT. Il y a un déséquilibre qui s’établit et il est important que le gynécologue réagisse vite car cela est dangereux pour les deux jumeaux (avant 26 SA, il y a une opération, après cela peut être un déclenchement de l’accouchement).
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Et l’après ?

Je parle beaucoup de la grossesse, mais… et l’après ? Et oui, car les jumeaux ne se limitent pas à la grossesse. Avoir des jumeaux, c’est tout X 2. Après l’accouchement, c’est deux fois plus de pleurs, de couches, de biberons (si vous ne souhaitez pas allaiter), deux fois plus de machines, de réveils la nuit… Bon, la liste est longue, vous vous en doutez bien. Le meilleur conseil que je pourrais donner, c’est de trouver l’organisation qui vous convient et de cadrer les choses. Cela permet de mieux arriver à gérer et de se dégager plus de temps. Deux nouveaux nés, c’est un peu le travail à la chaîne et arriver à se trouver une organisation vous permettra de pouvoir souffler et de ne pas vous sentir débordés. Je vous donne ce que moi j’avais fait. C’est ce qui me convenait à moi, ce n’est pas forcément ce qui vous conviendra à vous. Les biberons étaient donnés en même temps et les changes l’un après l’autre. Les bains étaient également donnés l’un derrière l’autre le soir avant d’avoir le biberon. Pour moi, les caler en même temps est ce qui m’a permise de ne pas me noyer les deux premiers mois. C’est énormément d’automatismes, peu de place aux imprévus, mais c’était pour moi plus facile à gérer ainsi. Le ménage dans tout ça ? Oubliez-le ! Ce n’est pas une priorité. L’essentiel, c’est vos bébés et vous ! Une fois les petits propres, nourris, changés, couchés, surtout n’hésitez pas à vous reposer comme vous pouvez et déléguez si c’est possible, sans complexe, ce qu’il y a autour.

Deux fois plus de bonheur ?

Souvent, on vous dit qu’avoir deux bébés, c’est deux fois plus de bonheur. Et c’est vrai, c’est deux fois plus de sourires, deux fois plus de premières fois et les voir évoluer ensemble est une chose très touchante et émouvante. Mais des jumeaux, ce n’est pas toujours deux fois plus de bonheur. Il ne faut pas se voiler la face, deux bébés c’est très dur. C’est éprouvant physiquement et moralement. C’est très différent que d’avoir deux enfants d’âges rapprochés. Les jumeaux, c’est la même problématique au même moment. Des pleurs en chaîne, des maladies infantiles en commun, de la fatigue qui s’accumule (les nuits sont énormément hachées). On a parfois l’impression (souvent ?) que l’on ne va pas y arriver, que les choses deviennent insurmontables. Les nerfs en prennent un coup. Alors non, là c’est un gros mythe, avoir des jumeaux c’est dur et loin d’être le rêve que beaucoup s’en font. Cela me fait toujours tiquer lorsque j’entends “oh, avoir des jumeaux c’est mon rêve”. On sent bien là le côté idéalisé de la chose. Il faut dire aussi que la société ne nous montre pas les mauvais côtés. On nous montre le côté “c’est tout beau tout rose”. On ne vous dira jamais que les deux / trois premières années sont un vrai challenge et une épreuve.

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La culpabilité

En tant que futurs parents et parents, on a une propension assez importante à culpabiliser pour tout et rien. Mais étant maman de jumeaux puis de deux singletons, je me suis rendue compte que l’on culpabilise beaucoup plus lorsqu’il s’agit de nos jumeaux. Moins de temps pour chacun (et oui, il faut se diviser), moins de temps pour les aînés s’il y en a. Le côté travail à la chaîne qui peut être usant, la fatigue que l’on accumule nous met sur les nerfs, nous perdons plus vite patience et n’arrivons pas à faire ce qui à nos yeux ferait de nous des parents (en l’occurrence mamans) “parfaits”. Nous culpabilisons énormément de ne pas arriver à gérer toute notre maisonnée comme on le souhaiterait. Pour moi, la culpabilité s’est essentiellement portée sur mes jumeaux. J’ai craqué psychologiquement après leur première année et j’ai eu besoin de prendre du recul. Je ne suis pas partie, j’ai toujours rempli mon rôle de maman de façon à ce que mes garçons ne manquent de rien mais ma tête et mon cœur n’étaient plus là. J’étais une coquille vide. Et je reste persuadée qu’avoir été l’ombre de moi-même n’a pas aidé mes jumeaux à se développer au mieux. Ils n’ont parlé que très tard (4/5 ans) et je culpabiliserai toujours de ce retard. Pour moi, c’est ma faute. Et même s’ils ont développé de la cryptophasie (un langage à eux, c’est un phénomène que l’on retrouve chez certains jumeaux) qui a retardé l’apprentissage de la parole, je me dis que tout ceci est forcément ma faute. Quand je vous dis, la culpabilité, ça nous colle à la peau.

Et parfois cela devient trop dur …

Avoir un enfant, c’est un grand chamboulement dans notre vie. Avoir des jumeaux, cela peut être une apocalypse. Et des fois, lorsque l’on n’y arrive plus, lorsque cela devient trop dur, il faut oser parler. Parler à son conjoint, à son entourage, à un professionnel… Il n’y a pas de honte à avoir. On ne devrait pas avoir honte de demander de l’aide. On ne devrait pas avoir peur de dire “non, là je n’en peux plus, j’étouffe”. La fatigue et le quotidien avec des jumeaux, c’est usant et il ne faut surtout pas hésiter à parler. Il existe des associations (exemple : association maman blues), certaines spécifiques aux jumeaux (comme jumeaux et plus), des groupes de soutien, des groupes de parents sur Facebook ou autres réseaux sociaux qui peuvent vous permettre de libérer votre parole. Vous n’êtes pas seules, vous pouvez être entendues, vous avez le droit d’être aidée. Communiquez aussi avec votre conjoint. Comme on dit, l’union fait la force.

Du positif tout de même

Je vous ai dépeint un tableau assez noir de l’après avec des jumeaux. Oui, j’avoue que mon vécu y est pour beaucoup. Je me suis sentie quelque peu impuissante lors de leurs premières années, je sais que cela a été aussi le cas de beaucoup de parents de jumeaux. Maintenant, je voudrais tout de même apporter de l’espoir et vous dire que je ne regrette absolument pas d’avoir eu mes jumeaux. Je les aime plus que tout. Malgré leur 10 ans, ils restent mes bébés. Et il n’y a pas eu que des mauvais côtés sinon je n’aurais pas eu d’autres enfants. La relation avec des jumeaux est complexe. Au début, vous ne faites pas partie de leur “clan”, du duo gémellaire. Mais les années passant, les choses évoluent et une relation profonde s’installe avec eux. Je me souviendrais toujours de leurs double sourires qu’ils m’offraient étant tout petits. Mes deux garçons rampants à toute vitesse vers moi pour m’attraper les pieds. Leurs premiers pas faits le même jour à quelques secondes d’intervalle. Je chéris ses souvenirs et profite à fond de leurs double câlins ou de leurs “je t’aime maman” en cœur. Si j’avais la possibilité de revenir en arrière, je ne changerais pas la façon dont les choses se sont passées, je voudrais ces enfants-là et pas d’autres. Je suis heureuse et fière d’être maman de jumeaux et aujourd’hui, oui, je peux dire que c’est deux fois plus de bonheur.

Les jumeaux : Mythes et réalité

L’identité jumeau

On associe souvent les jumeaux (et surtout les “vrais” jumeaux) à des enfants habillés pareil, qui font tout ensemble, qui pensent pareil et au final qui sont les mêmes. C’est faux, archi faux. Les jumeaux, qu’est-ce ? Et bien, ce sont simplement des enfants, DEUX enfants. Et oui, deux êtres bien différents. Habillez-les de la même façon, ne les nommez pas par leur prénom mais seulement par l’entité qu’ils représentent et il leur sera beaucoup plus compliqué de se créer leur identité propre. C’est déjà très difficile pour eux de s’identifier comme UN, comme eux-même, et il est donc essentiel de les aider dans cette voie. Évitez de les vêtir de la même manière. Appellez-les par leur prénom. Chacun a son propre caractère, ses propres goûts, ses propres envies, il faut donc agir avec eux en adéquation avec leur personne unique. Car oui, même s’ils sont physiquement quasi identiques, ils sont et resteront deux être humains bien distincts. N’en faire qu’une seule entité risque soit de les rendre bien trop fusionnels à l’âge adulte (au point de ne pouvoir vivre l’un sans l’autre) ou l’effet inverse, ils en viendraient à se détester. Cet autre qui leur ressemble à tel point qu’ils en finissent par le rejeter.

Les RALC (Réflexions à la con)

Tout parent de multiples (jumeaux et plus) comprendra de quoi il s’agit. Les RALC, ce sont les commentaires, phrases et remarques stupides, méchantes ou d’ignorance que nous avons pu entendre depuis que nous avons appris la grossesse gémellaire. Autant, ces remarques sont parfois faites parce que les jumeaux attisent la curiosité, autant ces commentaires peuvent être blessants ou méchants. En général, les parents de jumeaux ne supportent pas d’attirer le regard. Nos enfants ne sont pas des bêtes de foire. Malheureusement, il est dur d’y couper. Pour vous donner quelques exemples, voici quelques remarques habituelles et les réponses qu’on y apporte :

  • Ce sont des vrais ? : de vrais enfants ? oui oui / non, ils sont en plastique…
  • C’était voulu ? : pas comme si on avait le choix, deux pour le prix d’un.
  • C’est naturel ? : (en général, cette remarque-là n’est pas super bien prise. C’est très indiscret. La façon dont on conçoit notre/nos enfant(s) ne regarde pas les autres, cela touche à l’intimité. On ne demande pas à un parent de singleton si c’est suite à une PMA ou pas, alors pourquoi poser cette question aux parents de multiples ?).
  • Ils ont le même âge ? : euh… oui… (j’ai eu droit à celle-là, autant dire que j’ai beaucoup ri).
  • Ils sont du même père? : oui… (celle-là fait bien rire aussi. Il est vrai qu’il y a eu de très rares cas dans le monde de double fécondation par deux pères différents. Mais tout de même, poser cette question…).
  • Ce ne sont pas des jumeaux, ils ne se ressemblent pas : (là c’est du lourd, un des fameux mythes).
  • Vaut mieux vous que moi : (c’est dur à entendre quand on éprouve un épuisement maternel).
  • Les jumeaux, c’est mon rêve : (le mythe des jumeaux, où comment rêver de quelque chose que l’on ne connaît pas et que l’on idéalise).
  • Ils ont combien d’écart : quelques minutes – non mais combien de mois d’écart ? Okay…
  • Tu verras, ils seront forcément prématurés : (super pour se détendre).
Pour conclure…

L’expérience jumeaux est une aventure incroyable, dure, mais que je ne regrette pas d’avoir vécue. Ce qu’implique d’en avoir est souvent méconnu, idéalisé et mal compris. J’espère que ce petit tour dans l’univers des jumeaux vous en aura appris un peu plus, vous permettra d’y voir plus clair sur eux et que vous pourrez mieux démêler le vrai du faux

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