Loving Clarke

Attention coup de cœur littéraire ! L’autisme au féminin est un sujet trop rarement traité si ce n’est dans l’excellente bande-dessinée « La différence invisible ». Voilà un article sur le tout aussi excellent roman « Loving Clarke » de Kyrian Malone, un texte qui ne laisse pas indifférent.

Loving Clarke

SYNOPSIS

Clarke Nollan, 17 ans, rentre au lycée Providence High en Californie. Clarke est mentalement différente, et ses nombreuses consultations à Providence dans plusieurs cabinets psychiatriques la précèdent aussi bien auprès de ses camarades que du corps enseignant. Plongée dans son imaginaire, sa perception du monde réel est biaisée, traduite par ses filtres émotionnels. Ses réactions, ses réflexions incomprises, Clarke est en errance de diagnostic soumise à des traitements inadaptés. Considérée comme bipolaire, lunatique, schizophrène par des spécialistes incompétents, ce qu’elle est demeure enfoui au fond d’elle, annihilé par des médicaments inutiles. Pourtant, en arrivant à Providence High, Clarke espère que les choses changeront pour elle. Il y a cette fille Alycia Chase et son professeur de lettre Regina Queen, seules personnes capables de la comprendre… Dans cette fiction inspirée de son propre parcours, Kyrian Malone dresse les difficultés rencontrées par les femmes Asperger en errance de diagnostic.

AVIS

« Oeil pour oeil, dent pour dent ». La loi du Talion, voilà comment résumer ce roman, le premier opus d’une saga de cinq tomes, un préquel, ainsi qu’une séquelle bonus en deux tomes fantastiques prévus pour la fin de l’année 2020. Ce tome reste un oneshot, c’est à dire un titre qui peut se lire seul, indépendamment du reste, et vous ne ressentirez donc aucune frustration arrivé au mot fin.

Clarke est autiste asperger… oubliez l’image de Rain Man, Clarke semble tout à fait « normale » et ses particularités sont strictement psychologiques, lui conférant auprès de ses amis le rôle de la fille « bizarre » qui passe plus de temps plongée dans sa tête que dans le monde réel. Hypersensible, elle ne ressent rien comme le commun des mortels et le jour où Alycia Chase – la seule fille qui lui montre du respect et de l’affection – subit du harcèlement sexuel sur son lieu de travail, c’est tout naturellement que Clarke décide de faire payer son crime à l’agresseur… Et c’est le déclic, l’événement qui met le feu aux poudres et entraîne Clarke dans des réflexions philosophiques sur la morale, le devoir de chaque individu, et la Justice qui en découle… une justice qui lui semble utopique dans le monde réel et qu’elle va concrétiser en acte de vengeance… jusqu’au meurtre !

Ce livre nous permet non seulement de découvrir dans une jolie romance, ce que sont les particularités des femmes Asperger, mais il nous fait réfléchir sur les décisions à prendre dans les circonstances énoncées. Que ferions-nous à la place de Clarke ? Jusqu’où serions-nous prêt à aller pour faire appliquer la véritable justice, celle des laissés pour compte dans une société majoritairement phalocrate ?

Pour conclure…

Pour conclure, ce texte est non seulement criant de vérité, mais bouleversant. Il traite de la différence avec finesse. Oui, l’autisme, tout le monde en a déjà entendu parler, mais le vivre à travers le regard de la première concernée, Clarke est une expérience nouvelle. La justesse des mots est déconcertante. Pas d’érotisme gratuit dans cette homoromance, pas de superflu. Avec une plume agréable et fluide, Kyrian Malone nous permet de marcher dans les pas de Clarke, cette écorchée vive qui voit le monde autrement. « Loving Clarke » gagne donc aisément sa place dans notre top 10 des lectures de cette rentrée !

Dans le même genre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 Partages
Tweetez
Partagez
Enregistrer