Noara : La Dernière Lune

Il arrive parfois que les astres s’alignent et que le destin mette sur votre chemin, dans un endroit que vous ne soupçonniez pas, un objet capable de vous émerveiller. Cet endroit, c’est la Japan Expo 2023 et cet objet, c’est Noara : La dernière lune, un roman atypique auto édité par un studio qui ne l’est pas moins. Fruit de l’imagination débordante de Jeremy Filali, fondateur d’Atypique Studio et de son partenaire d’écriture Jules Thiessart, Noara n’est pas une simple histoire, mais bien un premier pas dans un univers riche et intriguant qui se décline également en jeu vidéo.

"Noara : La dernière lune" couverture

L’art du Kragh maga

…Le sol convulse sous les hordes de Kragh qui tabassent les gradins au-dessus de nos têtes. La cavité humide qui nous abrite et a vu passer des combattants de légende entre ses pierres, tremble comme la feuille à l’automne. Quelques filets de pluie dégoulinent entre les commissures moisies et la mousse du plafond. Des gouttes d’eau gelées perlent sur ma nuque comme pour agrémenter la peur qui me colle aux écailles. Des araignées nous scrutent du haut de leurs toiles et nom d’une bonite comme j’aimerais être à leur place ! ​Lorsque la herse fatiguée se lève dans un grincement qui suinte la rouille, ce sont des gueulantes par torrents qui s’abattent. C’est à en devenir sourd. Amanaka s’avance en premier. En rang, par deux, nous le suivons et pénétrons dans l’arène.​ Rexes à ma gauche me souffle « ça va aller… si vous faites pas les cons… » …

Atypique Studio
"Chaknie" l'axolotl
"Slik" l'anguille

Noara : La Dernière Lune prend place à la veille de l’épreuve des Astres, examen durant lequel une équipe de cinq jeunes prodiges du combat, vont devoir se surpasser au cours de quatre tests aussi difficiles que dangereux. Ceci dans le but ultime de devenir membres du corps de guerrier d’élites nommés les lunes. Seulement voilà, outre les raisons personnelles, pas toujours excellentes, qui guident les héros en herbe (Amanaka qui ne veut qu’une chose surpasser son père le roi Akuyandi, Arkansza Qui se retrouve à participer à l’épreuve à cause de la pression des siens, sans en avoir vraiment envie, Slik qui ne souhaite qu’épater la galerie, …) les voilà affublés d’un coéquipier aussi inattendu que rejeté, un squille nommé Rexes intégré à l’épreuve à cause de la défection surprise de l’un de ces membres initiaux.

"Rexes" le squille

Comment faire face à l’examen quand chaque action est décisive et peut vous coûter la vie, tout en composant avec les fortes personnalités de ses partenaires ? C’est une réponse que le prince Amanaka va devoir trouver et vite, avant qu’Arkansza la chamane du clan des tortues, Rexes le squille pugiliste, Slik l’anguille électrique et Charknie l’artilleuse axolotl ne s’entretuent ou pire, réduisent à néant leurs chances de réussite. Mais ne dit-on pas que c’est dans l’adversité qu’un que se crée la cohésion d’un groupe ? Un adage prophétique qui va prendre tout son sens pour les cinq guerriers encore loin de s’imaginer ce qui les attend…

Découvrez un extrait de Noara : La Dernière Lune ici !

L’auteur de la conspiration

Le symbole des "Kraghs"

Derrière le monde de Noara se trouve l’homme qui en a posé les bases depuis bien longtemps : Jeremy Filali. En effet, après une formation à l’EPITA, et une carrière de joueur professionnel, ce mordu de jeux vidéo décide finalement de répondre à l’appel du large en devenant rénovateur de Yachts à travers toute l’Europe. Une promiscuité avec la mer et ses créatures aquatiques qui semble avoir marqué le jeune homme, ou du moins l’avoir inspiré pour la création des Kraghs. Après cette expérience qui durera une dizaine d’années, Jeremy décide de se consacrer à son projet, un roman basé sur ce monde qu’il a inventé et maturé depuis plusieurs années : les terres de Noara.

"Noara : the Conspiracy" l'affiche

Bien déterminé à faire vivre son univers au-delà des seuls romans (qui représenteront quand même entre 8 à 9 volumes), Jeremy Filali fonde en 2017 Atypique Studio, avec un but simple, transposer Noara en jeu vidéo. C’est désormais chose faite depuis le 15 novembre 2021, date à laquelle Noara : The Conspiracy est entré dans sa phase d’accès anticipé sur Steam. Ce free-to-play proposant un innovant mélange de stratégie en temps réel, jeu de carte et tour par tour se définit lui-même comme le premier représentant du genre MOCA pour Multiplayer Online Chess Arena. Ce nouveau vocable se traduit par le fait que même durant le tour de votre adversaire, il vous sera possible d’effectuer des actions comme soigner vos unités, parer les attaques ou les esquiver, ou encore contre-attaquer. La réflexion sera donc de mise, mais également une rapidité d’action et de décision qui donne ce côté original au Gameplay.

exemple de screen de "Noara : The Conspiracy"
Exemple de menu dans "Noara : The Conspiracy"

Mais Jeremy n’oublie pas son roman pour autant, faisant de Noara : La dernière lune un prologue à son jeu expliquant les raisons des affrontements et des dissensions qui prennent place dans The Conspiracy. Afin de pouvoir gérer au mieux ces deux projets de front, il se dote d’un co-auteur, en la personne de Jules Thiessart, rencontré il y a des années de cela au détour de parties en ligne. Si l’on ignore encore comment sont réparties les tâches au sein du duo, il est évident que celui-ci se complète parfaitement, tant le style d’écriture est léger, avec un vocabulaire actuel, mais arrivant à se montrer épique quand les événements l’exigent (sans pour autant en devenir ampoulé), ce qui permet une lecture fluide et agréable pour toute personne curieuse de découvrir leur création.

"Noara : La dernière lune" exemple de pages

Une équipe qui va faire des vagues !

J’avoue que quand l’on m’a tendu ce livre au détour d’une rencontre en plein Japan Expo (au passage un grand merci à Jennyfer de me l’avoir donné), je l’ai pris sans trop savoir à quoi m’attendre. Quelques jours plus tard, partie en vacances et donc un peu désœuvrée, je me souviens du bouquin que j’ai glissé, sans trop savoir pourquoi dans ma valise. À peine la première ligne lue, je me suis retrouvée immergée dans l’intrigue pour n’en refaire surface que 247 pages plus loin, arrivée au mot “Fin”. Il faut le reconnaître, l’ajout des dessins des différents protagonistes en prélude au texte permettent de se faire une excellente idée de ce à quoi ils ressemblent et donc d’imaginer avec plus de facilité les différentes situations décrites dans le récit.

"Amanaka" l'orque et prince du clan des Kraghs
"Arkansza" la tortue

Je dois toutefois avouer que la représentation des personnages dans mon esprit différait singulièrement de leur modèle de base à la fin de l’intrigue. La structure originale du roman, qui consiste à suivre les événements du point de vue de l’un des cinq prodiges, permet de se mettre dans la tête de chacun des héros (à l’exception de Rexes) accentuant encore le processus d’attachement à ces gamins aussi talentueux au combat que maladroits dans leurs relations aux autres. Le narrateur changeant assez souvent, il est plus qu’appréciable que chacun ait sa façon propre de s’exprimer, sa propre musicalité. Pour ma part au bout de plusieurs pages, je n’avais quasiment plus besoin de lire les noms en début de paragraphe pour savoir lequel des jeunes avait pris le rôle du conteur.

dans "Noara : La dernière lune" chaque paragraphe est écrit du point de vue d'un narrateur différent

Cela étant dit, si je devais formuler une critique à l’encontre de Noara, je dirais que c’est la taille du récit. Celui-ci est mené tambour battant et j’aurais adoré passer un beaucoup plus long moment en compagnie de ces guerriers en devenir. Il est assez frustrant de devoir les abandonner aussi vite, même si la fin m’a laissé absolument pantoise, et que, tout bien réfléchi, cette épopée n’aurait pu se conclure autrement. Heureusement pour moi, il semblerait que Noara : La dernière lune ne soit que le premier opus d’une longue série de romans, dont je vais désormais guetter la publication.

"Noara : La dernière lune" autre exemple de style d'écriture.

Vous n’aimez pas lire ? Pas de soucis puisque Atypique Studio a mis gratuitement à disposition sur YouTube une version audio intégrale du roman avec de grands noms du doublage français dans les rôles clé. Ainsi, vous aurez le plaisir d’y retrouver les voix de Gérard Dessalles, Pierre-Alain de Garrigues, Camille Donda, Alice Orsat, Patrice Baudrier, Françoise Cadol, Pierre-André Grasseler, Nathalie Homs, Laura Blanc et Bruno Méyère, excusez du peu ! Une lecture de qualité qui donne une autre dimension à l’histoire, en lui conférant un aspect encore plus réel. Une nouvelle façon d’appréhender le récit que je vous conseille fortement de découvrir en complément du texte littéraire. En attendant la sortie éventuelle du tome 2, je vais sûrement aller faire un tour du côté du jeu, ne serait-ce que pour arpenter un peu plus longtemps cet univers qui a su me séduire.

Pour conclure…

Noara : La Dernière Lune constitue une excellente porte d’entrée à l’univers fantastique de Noara, en nous présentant de manière approfondie son peuple des mers : les Kraghs. Au travers des épreuves endurées par les jeunes prodiges, auxquels on s’attache presque instantanément, nous en découvrons plus sur ce monde dans lequel la violence, l’honneur et le combat font partie intégrante de la société. Finalement le seul petit défaut que l’on pourrait lui trouver, c’est qu’il est bien trop court. Heureusement, ce volume n’est que le premier d’une série de 8-9 tomes qui devraient creuser plus profondément l’histoire initiée ici. Il ne reste plus qu’à attendre la sortie du prochain épisode dont la sortie serait programmée pour fin 2023.

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