Ayashimon – Tome 1

Depuis son rachat de l’éditeur Kaze en automne dernier, Crunchyroll continue d’étoffer son catalogue, et c’est une courte série de Yûji Kaku que l’éditeur nous propose aujourd’hui avec Ayashimon tome 1. Imaginez un instant que les yakuzas japonais soient en fait des yōkais nommés Ayashimon… imaginez également qu’un jeune homme, adepte de la baston et monstrueusement fort, se retrouve embarqué dans une guerre de gang pour le contrôle de l’Enmakai, une organisation mafieuse toute puissante, dont le chef vient de mourir… C’est en substance ce qui nous attend dans ce shōnen percutant. Pour en savoir plus, on a dû jouer des poings !

"Ayashimon" tome 1 couverture

Guerre des gangs à Kabukichô

"Maruo" est le héros paumé du manga
AYASHIMON © 2021 by Yuji Kaku / SHUEISHA Inc.

Maruo est un adolescent dont la passion pour les mangas n’a d’égale que la force physique. Cette puissance, qui ne lui a jusque-là attiré qu’une cascade d’ennuis, l’amène à sauver par hasard la jeune Urara, fille cachée d’un chef yakuza décédé dans d’étranges circonstances. En devenant son garde du corps, Maruo est en passe de réaliser son rêve : se battre contre de vigoureux adversaires à l’image de ses icônes, les héros de shônen ! De son côté, Urara, en quête de vengeance, va dévoiler à Maruo les arcanes d’un monde inconnu des humains, celui des ayashimon, autrement dit, des démons-yakuzas…

Crunchyroll

Ayashimon tome 1 commence avec une cérémonie, la cérémonie funéraire du président de l’Enmakai, Ki-ô surnommé le “roi démon”. Régnant sans partage sur la plus vaste organisation criminelle du Kantô, sa mort a déclenché une violente guerre de succession parmi les yakuzas. Mais il faut vous dire que les yakuzas ne sont en fait pas des humains, mais des Ayashimon, sorte de yōkais à la force herculéenne et au pouvoir faramineux, capable de prendre forme humaine. C’est dans ce monde que va tomber Maruo, un jeune humain viré de l’école et qui cherche du travail.

Le problème de maruo est sa force herculéenne dans "Ayashimon"
AYASHIMON © 2021 by Yuji Kaku / SHUEISHA Inc.

Ayant acquis à force d’entraînement une puissance capable d’égaler celle des héros de shōnen qu’il admire tant, il est désormais trop fort pour mener une vie normale. Découragé, il va aider une jeune fille, Urara, poursuivie par des gangsters et leur mettre une raclée monumentale. Impressionnée par le potentiel de cet humain capable de se battre à égalité avec son peuple, Urara va lui proposer de devenir un membre de son clan.

"Urara" est une jeune cheffe de clan
AYASHIMON © 2021 by Yuji Kaku / SHUEISHA Inc.

Son but étant de prendre le contrôle de l’Enmakai pour venger Ki-ô dont elle est la fille cachée, Maruo en tant qu’homme de main va avoir fort à faire pour répondre aux attentes de sa “boss”, d’autant que leur clan se résume à deux membres : notre duo. Loin de refroidir leurs ardeurs, ce point de détail les pousse à se rendre à Kabukichô, mais avant de pénétrer sur le territoire des yōkais, ils vont devoir s’octroyer le droit de passage en défiant la terrifiante Hashihime, gardienne du Jardin Impérial.

La rencontre entre Maruo et Urara dans "Ayashimon"
AYASHIMON © 2021 by Yuji Kaku / SHUEISHA Inc.

Hell’s Ayashimon

Derrière Ayashimon se trouve le mangaka Yûji Kaku, connu dans nos contrées pour Hell’s Paradise, sa série précédente, disponible également chez Crunchyroll, même si sa publication ayant commencé avant le rachat de Kaze, il est toujours estampillé du logo de l’ancien éditeur. L’histoire de l’artiste est intéressante puisqu’avant de devenir dessinateur de ses propres histoires il était éditeur au Weekly Shōnen Champion. Après avoir fait ses débuts en 2009 avec deux one-shot et une série, inédite au Japon, Fantasma, il va servir d’assistant à Tatsuki Fujimoto sur Fire Punch pendant deux ans.

C’est en 2017 qu’il va présenter Hell’s Paradise à la rédaction du Shōnen Jump+. Ayashimon son œuvre suivante est publié dans le Weekly Shōnen Jump entre le 22 janvier 2018 et le 25 janvier 2021. Spécialiste du Shōnen, il possède un style graphique qui fait mouche, très précis et coupant qui renforce sa mise en scène des combats, d’un dynamisme fou. On serait donc en droit de croire qu’Ayashimon son œuvre la plus récente est son histoire la plus aboutie, et pourtant…

Dans cet univers, les yakuzas sont en fait des "Yokais"
AYASHIMON © 2021 by Yuji Kaku / SHUEISHA Inc.

Urara-courcit

En général je suis plutôt bon public et j’adore les shōnens, les histoires bourrées d’action et de combats font souvent mouche avec moi. Dans les faits, Ayashimon tome 1 avait tout pour me plaire, à commencer par le dessin de son auteur très affuté et nerveux, qui m’a par certains côtés rappelés celui de mon mangaka fétiche Sui Ishida. La mise en page est dynamique et le rythme assez soutenu pour que l’on ne s’ennuie jamais au cours des 192 pages que dure le tome et on y retrouve une réalité à laquelle vient s’adjoindre une couche de surnaturel, ce qui en général me séduit d’emblée. Mais alors quel est le problème ?

Urara est effarée par la force de Maruo dans "Ayashimon"
AYASHIMON © 2021 by Yuji Kaku / SHUEISHA Inc.
Maruo est incroyable dans "Ayashimon"
AYASHIMON © 2021 by Yuji Kaku / SHUEISHA Inc.

Eh bien pour tout vous dire je n’en suis pas certaine moi-même… Mais je pense que l’un des gros points noirs d’Ayashimon vient de ses personnages. Entre le héros Maruo qui est devenu fort dans le but de ressembler aux héros de manga de son enfance, stéréotype somme toute assez connu du genre et Urara dont on ne sait pas trop quoi penser tant elle est insipide, l’intrigue part déjà avec un sérieux handicap. Pourtant, le passé du héros enfant brimé et moqué s’étant réfugié dans la lecture de shōnen pour fuir son quotidien avait quelque chose d’émouvant, malheureusement l’empathie ne prend jamais vraiment et ce ne sont pas les personnages secondaires ou même les méchants qui vont sauver tout ça.

Le rêve de Maruo est de devenir "héros de shonen"
AYASHIMON © 2021 by Yuji Kaku / SHUEISHA Inc.

Ils sont loin d’être crédibles et on ne craint pas une seule seconde pour la vie de notre duo. Seul Akari Doppo remonte un peu le niveau en boss final complètement déjanté, imprévisible et donc dangereux. Si le scénario d’Ayashimon se laisse suivre, il n’est pas d’une originalité folle, mais j’ai quand même réussit à aller au bout de ce tome sans trop de difficultés. Peut-être qu’en laissant le temps aux protagonistes de monter en puissance cela aurait pu finir par fonctionner, mais le fait de savoir qu’il n’y aura que trois volumes m’a enlevé tout espoir de ce côté-là. Je tenterai toutefois de lui laisser encore une chance et vous donnerai ma conclusion finale à l’issue du tome 2 d’Ayashimon.

Pour conclure…

Le premier tome d’Ayashimon tient ses promesses d’un shōnen avec de la bonne vieille baston, mais on ne peut pas vraiment dire qu’il révolutionne le genre non plus. Le personnage de Maruo en simplet bagarreur peine à convaincre et ce n’est pas sa chef de clan Urara qui va rattraper le coup. En laissant le temps à l’intrigue de s’installer, la mayonnaise aurait probablement pris, mais dans la mesure où il s’agit d’un récit bouclé en trois tomes cela semble pour le moins mal parti. Cependant, et justement comme il est question d’une histoire courte, j’aimerais lui laisser encore une chance de me convaincre que ce combat contre les Ayashimon n’est pas vain. Rendez-vous est donc pris pour la sortie du tome 2 annoncé par Crunchyroll pour le 14 juin 2023. Round two ! Fight !

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