Frankenstein P.2

Frankenstein est une œuvre manga écrite par Junji Itô et publiée sous les éditions Mangetsu. Sorti le 1er juin 2022, le livre comporte plusieurs petites histoires en bonus de l’histoire principale, Frankenstein. Elle comporte également une préface de Joann Sfar, auteur de bandes dessinées telles que Le Chat du rabbin ou Donjon, ainsi qu’une analyse de Morolian, une personne très active sur Twitter qui se spécialise dans les œuvres de Junji Itô.

Frankenstein P.2

Les histoires courtes de Frankenstein

En dehors de l’histoire la plus longue de l’œuvre qui porte le même nom que le manga, Frankenstein, il y a une dizaine d’autres petites histoires, dont une série avec un personnage du nom de Oshikiri, que l’on retrouve dans six d’entre elles. Les quatres restantes sont vraiment très courtes et ne dépassent pas plus de six pages, mais sont tout de même très intéressantes et particulières.

Retrouvez notre review sur l’œuvre principale, Frankenstein, disponible ici !

Les cous hallucinés

Dans cette histoire, on nous présente Oshikiri, un lycéen qui tue son meilleur ami car il est devenu plus grand que lui. Il remarque en l’enterrant que le cou de son ami décédé s’est allongé.

Peu de temps après, le cou de sa seconde amie Hotta s’allonge subitement alors qu’ils sont en train de parler de Nakajima (le jeune qu’il a tué). Il la frappe par peur mais ses camarades l’attrapent car ils n’ont pas vu la métamorphose de Hotta et pensent alors qu’il l’attaquait gratuitement. Les cous de ses autres camarades et professeurs s’allongent aussi plus tard dans l’histoire, et ils désignent Oshikiri de monstre car il a « un cou minuscule ». Peut-être en rapport avec son complexe d’être si petit pour son âge.

Jusqu’à la fin, le mystère concernant le cou ou le corps s’allongeant de son meilleur ami et des autres perdure. On ne possède pas de réponses concrètes. Est-ce simplement une hallucination due à son complexe ou un phénomène paranormal ?

Le Marais aux Esprits

On y retrouve encore Oshikiri. Cette fois-ci dans une autre histoire où il fait partie du comité de nettoyage et possède un autre ami très populaire, Kojima. Il fait lui aussi partie du même club. Le comité décide d’aller nettoyer le marais, qui est selon les élèves hanté par des personnes qui y sont mortes, et notamment par une femme qui cherche à attirer les hommes dans ses filets.

En allant nettoyer une bute, Kojima tombe dans le marais, et Oshikiri ne le retrouve pas : il devient porté disparu.

On découvre finalement que deux des groupies de Kojima sont des âmes du marais qui sont prêtes à tout pour retrouver leur cher et tendre, quitte à noyer des camarades, forcés à plonger pour le retrouver. Une obsession qui tourne au drame et dont Oshikiri a failli périr lui aussi.

La Correspondante

Oshikiri fait souvent des rêves avec une personne qui prétend être lui. Comme ses parents sont à l’étranger, il est constamment seul chez lui et se sent souvent isolé et solitaire. Un jour, il se décide à parler avec une fille nommée Satomi, qui peint toujours seule dans une salle de classe. En quête de trouver une petite amie pour être moins solitaire, il se dit qu’elle lui correspondrait parfaitement.

Mais Satomi possède un trait particulier, elle a des relations épistolaires avec trois amies par courrier. Sauf que… Elle ne s’en rend pas compte mais ses trois amies ne sont que des alter de sa propre personne. Oshikiri provoque inconsciemment un incident en lui dévoilant qu’elle s’est créée de toutes pièces ses amies. Un drame se produit alors chez Satomi, dans lequel Oshikiri se retrouve prisonnier malgré lui, complice du drame qui est arrivé alors qu’il ne souhaitait qu’une petite amie pour se sentir mieux.

L’Intrus

Oshikiri et son cousin Takayuki discutent d’un événement récurrent qui se produit chez le protagoniste, des bruits de pas venus d’on ne sait où.  Plus tard, il fait la rencontre d’un groupe d’amis, Kamiyama, Watanabe et Koizumi, alors qu’il lit un livre que la bande cherchait par hasard, pour avoir des détails sur le triangle des bermudes et des dimensions parallèles. La bande étant fan des faits paranormaux, ils se rendent tous chez Oshikiri en apprenant qu’il entend des bruits de pas chez lui.

L’intrus n’est autre que Oshikiri lui-même, mais venant d’une autre dimension. Les quatre jeunes lycéens découvrent alors que cet Oshikiri a enterré trois cadavres, qui sont Kamiyama, Watanabe et Koizumi de cette autre dimension. Un acte qui les laisse pantois mais surtout anxieux et angoissés, puisqu’il n’y a aucune raison qu’Oshikiri puisse faire cela dans une autre dimension, et qu’ils ne savent pas si l’actuel serait capable d’accomplir la même chose.

Cela rappelle le meurtre du meilleur ami de Oshikiri dans Les Cous hallucinés. Est-ce véritablement le Oshikiri que nous connaissons qui a tué son ancien meilleur ami, ou celui d’une autre dimension ?

Oshikiri, Chroniques de l’étrange

Une camarade de classe, Mio Fujii, se retrouve chez Oshikiri et disparaît. Serait-elle d’une dimension parallèle également ?

Oshikiri découvre que toutes les atrocités qui se passent dans sa maison sont l’œuvre de son jumeau maléfique, son corps présent dans l’autre dimension. Il arrive à lui faire face lorsqu’il est sur le point d’injecter un sérum qui déforme les gens sur « sa » Mio (celle de son univers), et parvient même à l’attaquer en retour avec ce sérum et s’en débarrasser. Du moins, pour le moment.

On ne sait pas si le méchant Oshikiri finit par mourir après sa métamorphose, mais on peut se douter qu’il finira par hanter notre protagoniste.

Oshikiri, Chroniques de l’étrange -Les murs-

Après un séisme, Oshikiri découvre un cadavre fossilisé dans un mur effondré de sa maison. Peu de temps après, les alter egos de ses parents lui rendent visite, expliquant que le séisme dans leur dimension a détruit leur maison, et qu’ils sont donc venus ici s’installer dans la leur. Mais ils se font aspirer par les murs en essayant de sauver leur fils, l’alter ego de Oshikiri. Cette situation pousse Oshikiri à la réflexion. Et si les bruits chez lui venaient des personnes d’autres dimensions qui se sont fait engloutir dans les murs de sa maison ?

Les Funérailles de l’Enfer

Une fille nommée Marie est atteinte de la maladie des poupées, elle se transforme donc en poupée au fil des jours. Bien que son corps ne soit plus humain, son esprit demeure toujours auprès de ses parents. Mais plus le temps passe et plus sa carcasse se dégrade de manière grotesque

Un épisode de cette histoire est présent dans la série animée de Junji Ito Collection.

Découvrez notre article sur la série Junji Ito Collection ici !

Ne bougez plus

Une jeune femme se retrouve coincée dans un siège, un appareil positionné contre ses oreilles, lorsque son médecin tombe des escaliers et meurt. Coincée durant toute la nuit, elle est tourmentée par de multiples émotions et sombre dans la psychose. C’est un récit qui provoque un peu d’angoisse car on peut imaginer ce que la jeune femme a pu ressentir durant cette nuit-là, seule dans une salle d’hôpital.

L’histoire rappelle sans mal celle de Jessie de Stephen King.

Non-Non, femelle Alpha

Histoire du quotidien de Non-Non Ito, femelle bichon maltais qui est vraisemblablement la chienne du mangaka Junji Ito. C’est une femelle alpha, elle a un caractère un peu difficile et se fait vieille. La mère du mangaka prend soin d’elle.

Cache-Cache avec Non-Non

On aperçoit un peu plus la relation de Non-Non avec son maître dans ce dernier récit. Elle apprécie jouer à cache-cache, et cette histoire raconte son décès et comment elle s’est mise à jouer à cache-cache sous une pierre du jardin.

Mon avis sur ces histoires courtes dans Frankenstein

Les histoires avec Oshikiri me rappellent beaucoup celles avec Soichi, un personnage emblématique que l’on trouve d’ailleurs dans la série Junji Ito Collection. Certaines de ces histoires sont traduites pour la première fois en français, une bonne découverte donc. Notamment celles avec Non-Non qui sont émouvantes et qui lui rendent visiblement hommage, malgré un caractère assez sauvage. Ces histoires sont bien moins grotesques que ce que peut nous offrir Junji Ito en temps normal. Elles reposent plus sur un aspect horrifique et angoissant par moment, alors pour quelqu’un qui souhaite découvrir les œuvres de Ito, c’est sans doute parfait pour un début. D’autant plus avec l’histoire de Frankenstein, qui est un intemporel.

Pour conclure…

Ces histoires sont un petit plus non négligeable, elles offrent une manière différente d’aborder l’horreur de la part du mangaka, un peu moins grotesque et morbide mais tout aussi surprenant. Le manga dans sa globalité est un must-have à avoir dans sa bibliothèque. Encore une fois, Mangetsu s’est chargé d’apporter des œuvres uniques au grand jour !

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