Pour le Pire – Tome 8

Il est des séries tellement prenantes et intelligentes que l’on a toujours plaisir à les retrouver. Pour le pire en est un excellent exemple, et même après huit tomes le mystère Shinju reste entier et pousse le lecteur à vouloir en savoir toujours plus. Disponible aux éditions Glénat depuis le 21 juin 2023, Taro Nogizaka continue de jouer avec nos nerfs et nos sentiments, jouant sur l’ambivalence et la complexité de son héroïne. Est-elle une victime innocente ? Une tueuse machiavélique ? Son mari Arata est de plus en plus perdu et risque à tout moment de franchir la ligne rouge.

"Pour le pire" tome 8 couverture

Shinju le poison clown

Le clown de Shinagawa avait défrayé la chronique lors de son arrestation : cette tueuse en série corpulente, déguisée en clown, avait découpé et caché les corps de ses victimes… Pour aider l’enfant d’une victime à retrouver la tête de son père, Arata Natsume, assistant social, va la rencontrer. Mais contre toute attente, une frêle et fragile jeune fille arrive en face de lui. Est-elle vraiment un monstre sanguinaire ? Pour le savoir, Arata va devoir se livrer à un jeu dangereux en se prétendant amoureux d’elle… Une héroïne serial killer, mythomane, psychopathe mais néanmoins sensible et attendrissante… Comme Arata, vous succomberez vite aux charmes venimeux de cette héroïne hors du commun, et suivrez avec intérêt cette enquête qui n’est pas sans rappeler Mindhunter. Et comme toujours, les traits de Nogizaka sculptent avec réalisme toute la beauté et la noirceur de l’âme humaine !

Glénat
"Arata" se lance dans un jeu dangereux avec Shinju
NATSUME ARATA NO KEKKON © 2019 Taro NOGIZAKA / SHOGAKUKAN

Pour le pire, c’est avant tout l’histoire d’un mariage, celui de Shinju Shinagawa, tueuse en série de 21 ans connue sous le sobriquet de Bozo Shinagawa, et de Natsume Arata, travailleur social dans l’aide à l’enfance qui a promis à un des gamins dont il s’occupe de retrouver la tête de son père, massacré par la tueuse. Comment, me direz-vous, un travailleur social certes un brin mauvais garçon s’est retrouvé à épouser une serial killeuse ? Tout commence quand Takuto, le fils d’une des victimes du clown Shinagawa, avoue avoir pris contact avec la meurtrière de son père dans l’espoir de savoir ce qu’il est advenu de la tête de celui-ci toujours portée disparue.

Qui est vraiment "Shinju" ? Une victime ou un bourreau ?
NATSUME ARATA NO KEKKON © 2019 Taro NOGIZAKA / SHOGAKUKAN

Malheureusement, il l’a contacté en prenant l’identité d’Arata et Shinju refuse désormais de continuer à lui répondre si elle ne le voit pas en personne. Prévenu, Natsume décide d’aider l’adolescent et se rend au parloir pour rencontrer la meurtrière obèse et au QI faible décrite dans les médias. Qu’elle n’est pas sa surprise quand il voit arriver une frêle jeune fille, assez jolie malgré sa dentition complètement gâtée.

Le "procès" de shinju est en cours
NATSUME ARATA NO KEKKON © 2019 Taro NOGIZAKA / SHOGAKUKAN

Shinju Shinagawa est un paradoxe total, loin du portrait qu’ont pu en dresser les journalistes. Aussi maligne qu’imprévisible, la jeune fille, ayant à peine posé les yeux sur Arata, fait demi-tour refusant de continuer l’entrevue. Tentant le tout pour le tout, Arata lui fait croire qu’il est là car il est fou amoureux d’elle et, de jeux de faux semblants en mensonges éhontés, ils finissent unis par les liens du mariage. Alors qu’Arata n’a toujours pas réussi à localiser les restes du père de Takuto, Shinju décide de sortir de son silence lors de son procès et elle a encore quelques surprises en réserves.

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Désordre mineur

Arata Natsume, employé aux services d’aide à l’enfance, la trentaine et célibataire, prend contact avec Shinju Shinagawa. Cette détenue de 21 ans est condamnée à mort pour le meurtre de trois hommes, parmi lesquels le père d’un enfant dont il a la charge. Mais au cours de leurs entrevues au parloir, Arata demande Shinju en mariage, un coup de bluff qui les conduit de fil en aiguille à réellement se marier. Celle-ci sort alors de son silence pour clamer son innocence, à la surprise du tribunal. Guidée par les indices qu’elle lui laisse, Arata fait une découverte fracassante : Shinju est peut-être encore mineure…

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Arata essaye d'aider les familles des victimes dans "Pour le pire"

Maintenant que le cadavre du bébé découvert par Arata est venu semer le trouble quant à l’âge véritable de Shinju, il est désormais privé de visites au parloir, car considéré comme un potentiel complice. Ce tome 8 de Pour le pire commence donc alors que l’assistant social est en visite dans la famille d’Eisuke, un des hommes tués par Bozo Shinagawa. La sœur de la victime, qui craque pour notre héros, se retrouve éconduite par ce dernier qui au fil de la discussion se rend compte des points communs entre lui et sa femme. De retour au bureau, son patron, qui le connaît depuis de très nombreuses années et sent le conflit intérieur chez Arata, décide d’avoir une petite conversation avec lui.

L'intelligence de Shinju frole le génie parfois dans "Pour le pire"

Inquiet pour celui qu’il considère comme son fils, il tient à l’assurer de son soutien même si le jeune homme commet une erreur. Pendant ce temps, Shinju qui est avec son avocat lui soumet une idée pour tester les sentiments de son mari, en jouant sur le fait que le jugement va être abandonné pour céder la place à un nouveau procès, prenant en compte la possibilité que l’accusée soit mineure. Arata mis au courant du plan de Shinju par son avocat est en équilibre sur la ligne à ne pas franchir. Mais la question désormais est de savoir de quel côté va-t-il retomber ?

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Bague au doigt et corde au cou

Arata voit ses sentiments évolués envers sa "femme"

Décidément depuis le départ Pour le pire a le don de toujours me surprendre avec ses rebondissements scénaristiques que l’on ne voit jamais arriver. Tout comme Arata qui voit ses sentiments évoluer pour Shinju depuis les Tomes 6 et 7 de Pour le Pire, j’avoue que je suis de plus en plus perplexe face à cette héroïne aux multiples visages et à l’intelligence hors norme. Ce qui avait commencé comme une partie d’échecs pour savoir qui serait le plus malin se transforme en une sorte de relation toxique, dans laquelle Arata semble irrémédiablement tombé, alors même qu’il est convaincu de la culpabilité de son épouse.

Le visages dessinés par "Taro Nogizaka" sont étonnement expressif

Un revirement qui, peut-être, laisse entrevoir que le travailleur social tient sûrement plus à sa liberté de mourir qu’à son envie de vivre. Quant à Shinju, elle reste un mystère total, se drapant de toutes sortes d’expressions de la plus attendrissante à la plus outrancière, et ce afin de mieux perdre le lecteur qui finit par abandonner l’espoir d’arriver à voir quels sont les moments de sincérité de la prévenue. Je reconnais aisément que mon intuition ne m’aide pas à dénouer le vrai du faux dans cette intrigue et que je suis toujours aussi fascinée par l’aisance et la facilité avec laquelle Taro Nogizaka se joue de ses lecteurs, tant par son scénario que par ses dessins.

Shinju et ses actions sont un réel mystère dans "Pour le pire"

Au travers des visages de ses personnages le mangaka arrive à faire passer toute une palette d’émotions et à illustrer parfaitement l’ambiguïté de certaines expressions, rendant quasiment chaque case digne d’une analyse poussée. Bref, on arrive à un tournant de l’intrigue à la fin de ce tome 8 et si vous avez tenu jusque-là vous serez comme moi dans les starting-blocks, piaffant d’impatience de mettre la main sur le prochain tome prévu pour la rentrée. Ça va être loooonnnggg !

Pour conclure…

Ce tome 8 de Pour le pire rebat totalement les cartes de l’intrigue. Alors que le procès en appel de Shinju s’est révélé riche en rebondissements, allant même, grâce à une preuve apportée par Arata, jusqu’à jeter un doute sur la majorité de la jeune fille. De son côté Arata voit ses sentiments pour son “épouse” évoluer à mesure que le passé de celle-ci est rendue publique, jouant un jeu dangereux qui pourrait bien se retourner contre lui. Une seule chose est ici certaine, c’est que rien n’est joué et que Taro Nogizaka nous réserve sûrement encore quelques surprises d’ici à la conclusion de la série. Du coup, on trépigne de savoir la suite !

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Soïchi

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