Rooster Fighter T01

Couverture de "Rooster Fighter" Tome 1

Le tout jeune label de manga des éditions Bragelonne, Mangetsu, lancé en mai 2020, continue de diversifier son catalogue et notamment sa collection Shonen. C’est ainsi que le 4 mai 2022, nous avons pu poser les pattes sur le premier tome de Rooster Fighter et rien de ce que nous avions lu avant ne nous avait préparés à ça. C’est parti pour suivre les aventures de Keiji, héros surpuissant qui va se dresser contre les monstres menaçant l’humanité. Ça va Kijû-er des coudes !

Ou l’art de voler dans les plumes

Des gigantesques êtres monstrueux, les kijû, font leur apparition au Japon, détruisant et dévorant tout sur leur passage. Ceci est l’histoire d’un simple coq déterminé à sauver le monde entier : quiconque se mettra en travers de son chemin aura affaire à son cri et à ses coups surpuissants ! Écrit et dessiné par Shū Sakuratani, Rooster Fighter est un manga qui a su conquérir le cœur des lecteurs de nombreux pays. Action, parodie et humour sont au centre de ce récit survitaminé.

Mangetsu

De nos jours, la Terre et ceux qui la peuple sont menacés par des monstres difformes nés des sentiments négatifs exacerbés par notre société moderne. Face à ce fléau, un héros se dresse avec pour seule devise « Œil pour œil, bec pour bec ». Car oui, ce héros pas banal est en fait un coq. Nommé Keiji, ce combattant hors pair voyage de ville en ville à la recherche du meurtrier de sa sœur Sara, un Kijû possédant un tatouage sur le cou. Au cours de son périple, il va faire la connaissance de nombreux alliés, qu’ils soient humains ou animaux. Mais je n’irais pas plus avant, je préfère vous laisser la surprise de la découverte.

"Keiji" est un coq surpuissant

Lisez un extrait de Rooster Fighter T01 ici

Jabot être matinal, j’ai mal !

Shū Sakuratani est un mangaka ayant fait ses débuts en 2015, et dont la première œuvre T-Dragon n’est jamais sortie de l’archipel nippon. Ayant grandi avec des références comme Golgo 13, il n’est pas étonnant d’y retrouver une grande influence dans Rooster Fighter. Si le graphisme des personnages humains est un peu scolaire, la grande force de l’auteur est d’arriver à rendre ses volatiles extrêmement « humains », notamment par leur regard. Un anthropomorphisme parfaitement maîtrisé jusque dans la musculature impressionnante de ce cher Keiji, qui est, de l’aveu même du dessinateur, un vrai challenge à réaliser.

L'attaque finale de Keiji dans  "Rooster Fighter"

On en vient presque à oublier la différence d’espèce, celle-ci étant floue à dessein. Il ne leur manque plus que la parole, ces petites bêtes pouvant communiquer entre elles, comprendre les hommes, mais pas communiquer avec eux au-delà de leur langage corporel. Toutefois, réduire cette œuvre à un banal manga de combats serait réducteur, car le récit sait également parfois se montrer touchant et mélancolique, au détour d’un chapitre. Loin d’être un simple Shonen panachant humour, parodie et références, on peut voir en Rooster Fighter une critique de notre société moderne. En effet, les monstres qui menacent l’humanité ont été engendrés par elle, les Kijû n’étant qu’une transformation physique des personnes dont les sentiments négatifs prennent le dessus.

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Sauter du coq aux larmes

On ne va pas ergoter, Rooster Fighter est un manga atypique ne serait-ce que par son héros. Que ce soit les animaux, et notamment ceux de basse-cour qui soient sur les rangs pour sauver les humains, est en soi assez inattendu, surtout quand on sait que les gallinacés sont la plupart du temps considérés comme de la nourriture par ceux qu’ils protègent dans le manga.

le seul espoir de l'humanité est un coq dans  "Rooster Fighter"

Keiji est l’archétype du héros solitaire sans peur et sans reproches, et, même s’il extermine les Kijû dans le seul but de retrouver et tuer celui qui a mangé sa sœur, cela ne l’empêche pas de rendre service aux hommes en même temps. J’ai adoré cette histoire complètement barrée, où l’action est menée tambour battant. En ouvrant le tome et en découvrant les dessins de Shū Sakuratani, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Hokuto no Ken et surtout à un autre titre de Testuo Hara intitulé… Keiji (disponible en français également chez Mangetsu). Drôle de coïncidence, non ?
Les références sont également de la partie et surprennent souvent, déclenchant quelques rires du même coup, comme devant cette tortue et son attaque le Caillou-mehameha. Dans ce premier tome, toutes les histoires peuvent se lire indépendamment les unes des autres et peuvent se picorer dans l’ordre que l’on veut. On y apprend doucement à connaître notre ami à plumes, sa façon de penser et un peu de son background. Pour l’instant, le seul fil rouge est la recherche de Keiji(vré) pour retrouver l’assassin de Sara, mais j’espère qu’un enjeu un peu plus développé attend notre tétras préféré dans les prochains volumes. Développer le passé et les origines de la force surpuissante de Keiji, au-delà de ce que l’on sait déjà, ne serait également pas du luxe. Cela lui permettrait de se hisser au niveau des grands Shonen de sa génération.

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Pour conclure…

Comme je le chante (du coq évidemment) à plein gosier depuis le début de cette critique, Rooster Fighter est un Shonen atypique, bourré d’humour, d’action et de références. Mais c’est également bien plus que cela, avec une critique sous-jacente de notre société de consommation et de la façon dont celle-ci nous détruit, faisant de nous nos propre ennemis. Que vous soyez sensible à ce double niveau de lecture ou que vous cherchiez juste une nouvelle série de baston qui dépote, sautez sur Rooster Fighter, vous allez en rester Cocori-K.O.

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